Correction de la dissertation

Baudelaire écrit dans le projet d’épilogue des Fleurs du mal  : « Tu m’as donné ta boue et j’en fait de l’or ». Dans quelle mesure ce vers s’applique-t-il à ce recueil poétique ?

Dissertation

Introduction.

Au mois de mai 1860, Charles Baudelaire travaille à un épilogue qu’il doit terminer comme il l’indique à son éditeur Poulet-Malassis : « Je travaille aux Fleurs du Mal . Dans très peu de jours, vous aurez votre paquet, et le dernier morceau ou épilogue, adressé à la ville de Paris, vous étonnera vous-même, si toutefois je le mène à bonne fin (en tercets ronflants) ». On sait ce qu’il en est et le poète n’a jamais achevé ce qui est resté un projet dans lequel Baudelaire déclare son amour pour la ville de Paris (« Je t’aime, ô capitale infâme !) et énumère (lupanar, débauches, vice...) ce qu’il résume à la fin par le terme « boue » : « Tu m’as donné ta boue et j’en fait de l’or ». Le substantif fait donc métaphoriquement référence à tout ce qui est vil, sans valeur voire moralement condamnable puisqu’au mot sont associées des connotations péjoratives se rapportant à l’abjection, à l’infamie (que l’on songe à des expressions comme « traîner dans la boue »). Alchimiste, le poète opère ainsi une transmutation de la boue d’un réel fort prosaïque en un or poétique. Cette citation de l’épilogue signifie-t-elle que le poète s’est rué dans la fange pour en faire le sujet de sa poésie ? Ce serait donner raison à ses détracteurs et, entre autres, à la critique du Figaro qui publiait ces lignes le 5 juillet 1857 : « L'odieux y coudoie l'ignoble, le repoussant s'y allie à l'infect. Jamais on ne vit mordre et même mâcher autant de seins dans si peu de pages ; jamais on n'assista à une semblable revue de démons, de fœtus, de diables, de chloroses, de chats et de vermine. » Peut-on donc affirmer que la poésie de Baudelaire est celle de l’ odieux , de l’ ignoble , en un mot de la boue ? Et si oui, faut-il voir dans l’ouvrage de Baudelaire un amoncellement fangeux moralement condamnable qui ne trouverait aucune justification sinon celle d’une boue qui ferait l'objet d’une transformation ? Nous verrons dans quelle mesure la citation de l’épilogue s’applique au recueil des Fleurs du mal , puis nous montrerons de quel nature est cet « or » poétique, et enfin quels sont les enjeux esthétiques d’une telle conception de la poésie.

Développement

1re partie : les fleurs du mal , œuvre alchimique , baudelaire, le poète de la boue.

Dans le projet d’épilogue, deux vers avant le vers « Tu m’as donné ta boue et j’en fait de l’or », Baudelaire se compare à « un parfait chimiste » lequel effectue donc cette opération de transformation de la boue en or. À l’autre bout du recueil, dès l’adresse « Au lecteur », cette opération de transmutation était — quoique pour des raisons très différentes — déjà évoquée dans la troisième strophe à travers les termes « Satan Trismégiste », « riche métal », « ce savant chimiste ». On trouve même une mention du « chemin bourbeux » emprunté par le poète et nous-même, l ‘« hypocrite lecteur ». La notion de « chimie » poétique voire d’ « alchimie » (que l’on songe à « Alchimie de la douleur ») traverse donc le recueil de part en part, du début à la fin. Le thème de la boue n’est pas moins omniprésent dans le recueil des Fleurs du mal . Qu’on pense au « Sept Vieillards » (« Dans la neige et la boue il allait s’empêtrant »), au « Vin des chiffonniers » (« Au cœur d’un vieux faubourg, labyrinthe fangeux » ) ou encore à « Brumes et pluies » (« Ô fin d’automne, hivers, printemps trempés de boue,/ Endormeuses saisons ! Je vous aime vous loue. »).

Ce ne sont que quelques exemples et l’on pourrait les multiplier (on retrouve le terme dans « Le Cygne », « Le Monstre »...). La boue est manifestement un thème que l’on ne peut manquer dans la poésie de Baudelaire. C’est que littéralement, dans le Paris du XIX e siècle, on marche dans la boue. On en a la preuve chez Baudelaire lui-même dans les Petits poèmes en prose  :

« — Mon cher, vous connaissez ma terreur des chevaux et des voitures. Tout à l’heure, comme je traversais le boulevard, en grande hâte, et que je sautillais dans la boue, à travers ce chaos mouvant où la mort arrive au galop de tous les côtés à la fois, mon auréole, dans un mouvement brusque, a glissé de ma tête dans la fange du macadam. Je n’ai pas eu le courage de la ramasser. »

Mais est-ce à dire que c’est là un simple thème traité par le poète en raison d’une familiarité certes bien ennuyeuse mais inévitable pour le Parisien du Second Empire ? En fait, on a vu et on verra que cette boue était l’objet d’une transmutation, d’une transformation poétique faisant de la laideur quelque chose de beau.

Transformation de la boue en or

Nous l’avons dit, la boue est une métaphore désignant aussi bien ce qui est sale physiquement (le Paris du XIX e siècle) que moralement (ceux qui habitent cette ville). Ainsi, la boue a partie liée avec le mal, avec la misère sociale dans « Le Vin des Chiffonniers » par exemple ou encore ans les deux « Crépuscules » où l’on croise « catins » et « escrocs » (« Le Crépuscule du soir ») et où s’expriment les « rêves malfaisants », « la lésine » (« Le Crépuscule du matin »). En somme, Paris devient chez Baudelaire le lieu allégorique du théâtre du mal dans la section des Tableaux parisiens ou du Vin . Ici, le temps, la vieillesse et la Mort sont omniprésents.

Il appartient toutefois au poète de sublimer cette matière, ce que montre le poème « Le Soleil » dans lequel l’astre transforme le réel :

Quand, ainsi qu’un poète, il descend dans les villes, Il ennoblit le sort des choses les plus viles, Et s'introduit en roi, sans bruit et sans valets, Dans tous les hôpitaux et dans tous les palais.

Mais précisément, comme le soleil, la mission poétique consiste à faire la lumière sur ce qui est caché, à le montrer, à le révéler en somme, à non seulement l’exposer poétiquement, mais par la même occasion à l’embellir. Le laid devient donc beau comme dans « Une Charogne ». Plus précisément, c’est la représentation du laid qui devient belle. À qui s’interrogerait sur un tel choix esthétique, il conviendra de montrer qu’il y a là une dualité (comme le suggère la section Spleen et Idéal ). Le poète ne saurait choisir entre la boue et l’or. Ce ne peut être l’un ou l’autre, mais l’un et l’autre. La femme n‘est-elle pas à la fois muse et vampire (« Les Métamorphoses du vampire »), le poète n’est-il pas à la fois béni et maudit (voir, par exemple « Bénédiction »), etc. ?

2e partie : L’or poétique ou l’unité du dualisme

Correspondance.

L'impossibilité de ce choix se trouve dès le poème « Correspondances », dans lequel Baudelaire exprime l’idée d’un lien entre les contraires : « Dans une ténébreuse et profonde unité, / Vaste comme la nuit et comme la clarté, / Les parfums, les couleurs et les sons se répondent ». Dans ces vers, les opposés (la nuit et la clarté) sont donc indissociables (le poète parle bien d’ unité ). On pourrait multiplier les exemples qui soulignent l'entrelacs de la boue et de l’or, du beau et du laid. Que l’on songe aux nombreux oxymores tels que la « superbe carcasse » dans « Une Charogne », à leur coordination (« [...] noire et pourtant lumineuse » dans « Un Fantôme »), ou encore au titre qui fait de la beauté une fleur du mal. Le projet poétique est inscrit dès le titre dans l’alliance de ce nom (« fleurs » connoté méliorativement) et de ce complément (« du mal » connoté péjorativement). etc. Dans « Une charogne », on a une comparaison du cadavre avec une fleur ! Hypotypose de l'objet pour qu’on voie la charogne. Le poète nous met la mort devant les yeux. Excès de réalisme ? Non, rappel philosophique.

Non seulement les contraires sont indissociables, mais ils « se répondent ». Ils sont même constitutifs de la nature humaine. Rappelons-nous de la désormais célèbre double postulation dans Mon cœur mis à nu : « Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l'une vers Dieu, l'autre vers Satan. L'invocation à Dieu, ou spiritualité, est un désir de monter en grade ; celle de Satan, ou animalité, est une joie de descendre. » Ainsi, la nature humaine est complexe. Un Guy de Maupassant ne dira pas autre chose (voir par exemple la nouvelle « Sur l’eau ») et Charcot ou Freud ne sont pas si loin.

Mais on aurait tort de croire, comme le journaliste du Figaro, que le poète se complait dans une fange immorale. D’une part, on l’a vu, le sujet est inéluctable, c’est une réalité topographique, mais surtout il s’inscrit dans un objectif poétique de transformation qui renvoie à un désir d’ailleurs, autre grand thème baudelairien. Le poème « Mœsta et errabunda » ne dit pas autre chose : « Emporte-moi, wagon ! enlève-moi frégate ! / Loin ! loin ! ici la boue est faite de nos pleurs ! » Baudelaire y évoque au vers 2 « l’immonde cité » qui dit assez par ailleurs la condamnation morale dont elle fait l’objet. Désir d’un ailleurs qui s’exprime tout au long des Fleurs du mal et conclut d’ailleurs le recueil dans « Le Voyage ».

L’art pour échapper à l’ici-bas

En effet, dans « Mœsta et errabunda », l’enjeu consiste bien à quitter cette boue. L’homme qui a les deux pieds dans la boue perçoit, dans un mouvement vertical, les cieux et, de la noirceur, contemple la lumière : « Tel le vieux vagabond, piétinant dans la boue, / Rêve, le nez en l’air, de brillants paradis ; » (« Le Voyage ») Somme toute, on a ici l’idée très platonicienne d’une transcendance perçue à travers le rêve.

Ainsi, les poèmes des Fleurs font valoir l’irrémédiable distance qu’il y a entre le monde et un ailleurs qui s’exprime dans un platonisme évident (remarquer le mot « Idée » avec une majuscule) dans « L’Irrémédiable » :

« Une Idée, une Forme, un Être Parti de l’azur et tombé Dans un Styx bourbeux et plombé Où nul œil du Ciel ne pénètre »

Mais ce qui prédomine alors, c’est l’idée d’une chute de l’humanité tombée dans le péché (la boue) d’où le vocabulaire très religieux qui abonde dans le recueil. Dès lors, seul l’art permet de rendre supportable la laideur du monde et le spleen qu’elle engendre. En somme, l’art, le beau rendent la boue supportable, ils rendent « L’univers moins hideux et les instants moins lourds ». (« Hymne à la beauté »)

On a vu que la boue et l’or étaient indissociables (voir encore à ce sujet « Hymne à la Beauté »). L’un ne va pas sans l’autre. Si la boue du réel est transformée en or de la poésie, y a-t-il là quelque chose de nouveau ? Eh bien, les poètes du XVI e ne faisaient pas autre chose. L’écriture a souvent eu pour objectif de transformer ce qui est douloureux en chant poétique. Que l’on songe au lyrisme d’Orphée ou à Joachim du Bellay qui dans Les Regrets (sonnet XII) écrit :

Je ne chante, Magny, je pleure mes ennuis, Ou, pour le dire mieux, en pleurant je les chante, Si bien qu’en les chantant, souvent je les enchante : Voilà pourquoi, Magny, je chante jours et nuits.

En somme, l'œuvre de Baudelaire s’inscrit dans une tradition poétique que l’on pourrait qualifier de classique, et ce sera l’un des premiers poncifs de la grande réhabilitation de Baudelaire notamment lors du cinquantième anniversaire de sa mort : Baudelaire est un classique. Seulement, ce serait aller un peu vite en besogne et omettre ce qui fait la spécificité de son œuvre.

3e partie : Modernité poétique de Baudelaire : vers une nouvelle définition de l’art

La muse malade de baudelaire.

Le poème « La Muse malade » souligne l’opposition entre un passé grec rayonnant et un présent défini par la maladie et le péché. Dès lors, le poète s’interroge et se demande si sa muse (l’inspiration poétique) n’est pas perdue dans « un fabuleux Minturnes » (terme désignant un marécage romain), ce qui renvoie sinon à la boue du moins au bourbier.

Par ailleurs, dans Les Épaves , le poème « Le coucher du soleil romantique » propose une réflexion sur l’état de la poésie française en 1862. Ce soleil se couchant métaphorise le crépuscule de la poésie romantique et l’émergence de la poésie moderne qui est la poésie de la nuit, de la laideur et de l’angoisse :

L'irrésistible Nuit établit son empire, Noire, humide, funeste et pleine de frissons ;

Une odeur de tombeau dans les ténèbres nage, Et mon pied peureux froisse, au bord du marécage, Des crapauds imprévus et de froids limaçons.

On notera que le poète n’a pas d’autre choix que de subir cette disparition du soleil, pas plus qu’un Musset ne pourra échapper au mal du siècle .

Le désenchantement comme sujet poétique

Que restait-il à Baudelaire une fois que le soleil s’était retiré ? Une poésie de la nuit, de la boue, du péché. Mais alors la poésie devient œuvre alchimique et entreprend de transformer cette matière vile en or poétique. Le projet d’épilogue est une conclusion (inachevée voire inachevable ?) qui souligne que l’activité poétique consiste à transformer le mal en fleurs. Baudelaire s’est fait le poète du mal. Cf. projet de préface de la deuxième édition : « Des poètes illustres s'étaient partagé depuis longtemps les provinces les plus fleuries du domaine poétique. Il m'a paru plaisant, et d'autant plus agréable que la tâche était plus difficile, d'extraire la beauté du Mal. »

C’est donc aussi un défi poétique que le poète exprime dans L’Art romantique :

« Celui qui n’est pas capable de tout peindre, les palais et les masures, les sentiments de tendresse et ceux de cruauté, les affections limitées de la famille et la charité universelle, la grâce du végétal et les miracles de l’architecture, tout ce qu’il y a de plus doux et tout ce qui existe de plus horrible, le sens intime et la beauté extérieure de chaque religion, la physionomie morale et physique de chaque nation, tout enfin, depuis le visible jusqu’à l’invisible, depuis le ciel jusqu’à l’enfer, celui-là, dis-je, n’est vraiment pas poëte dans l’immense étendue du mot et selon le cœur de Dieu. »

Et il ajoute plus loin qu’en restreignant le champ poétique, « Vous infirmez ainsi le sens universel du mot poésie. » En somme, Baudelaire redéfinit la mission poétique traçant la voie (voix ?) à suivre. Que l’on songe à Rimbaud :

« Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux. — Et je l’ai trouvée amère. — Et je l’ai injuriée. »

Mais surtout il brise le lien tout classique entre art et beau. Le vrai, le beau et le bien, au XIX e , vont encore ensemble (persistance de la philosophie néo-platonicienne). Le titre Les Fleurs du mal liant le beau (fleurs) et le mal (laid) sonne comme une provocation. Baudelaire brise ce lien entre le beau et le bien et affirme que le mal peut être beau, suivant en ceci les préceptes romantiques (voir par exemple la préface de Cromwell ou le poème « J’aime l'araignée et j’aime l’ortie » de Victor Hugo dans Les Contemplations ).

On peut enfin citer le projet de préface des Fleurs du mal dans lequel Baudelaire refuse de confondre « les bonnes actions avec le beau langage » et de confondre « l’encre avec la vertu ». Rompant avec la tradition poétique, refusant les sujets faciles (« les provinces les plus fleuries du domaine poétique »), Baudelaire entreprend un défi poétique : « Il m’a paru plaisant, et d’autant plus agréable que la tâche était plus difficile, d’extraire la beauté du Mal ». En somme, le vrai, le bien et le beau ne s’impliquent plus. C’est « une invention de la philosophaillerie moderne » dit Baudelaire. Le vrai a son domaine : la science. Le bon, la morale. Le beau, l’art. Toute une esthétique moderne vient de naître : de la décadence au surréalisme en passant par le symbolisme.

Les mots de l'épilogue peuvent apparaître comme une réponse au Figaro et il est vrai que le recueil peut se lire comme un douloureux parcours de réussir l'entreprise alchimique mais il serait faux de l’y réduire tant il est vrai que le recueil des Fleurs du mal abonde en poèmes qui illustrent la beauté des choses, les trésors de la mémoire, le temps retrouvé... On peut encore évoquer la dimension sociale de certains poèmes de factures anciennes comme « Le vin des chiffonniers » (voir aussi la préface du livre de poche.) En fait, le recueil de Baudelaire est d’une richesse qui donnerait raison au poète quand il écrit « je me suis arrêté devant l’épouvantable inutilité d’expliquer quoi que ce soit à qui que ce soit » (projet de préface). Il n’en reste pas moins que les Fleurs du mal si mal accueillies du vivant de l’auteur ont marqué leur siècle et redéfini l’enjeu poétique. Baudelaire bouleverse une France romantique néo-classique, baroque par certains aspects, gothique par d’autres mais fidèle à l’esprit de Raphaël. C’est la France de David et d’Ingres. Si Baudelaire est classique par certains côtés, il est sensible à d’autres conceptions de la beauté qu’il trouve notamment dans la peinture, chez Delacroix, chez Manet ensuite. Voir « Les Phares » (peintres qui ne sont pas classiques et qui ont un autre rapport de la beauté). Ne s’agit-il pas de trouver du nouveau absolument ?

À voir également

  • Carnet de lecture & Dissertation
  • Méthode de la dissertation
  • Plan détaillé de la dissertation sur Baudelaire
  • Dissertation sur les Lettres persanes

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Couverture pour Les Fleurs du Mal

Les Fleurs du Mal Charles Baudelaire 5 sujets de dissertation possibles au bac de français

Carlos Schwabe, Spleen et Idéal, 1906.

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Commentaire et dissertation

Commentaire et dissertation

Baudelaire dissertation.

Baudelaire dissertation. Le sujet traité ci-dessous porte su r Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire dans la perspective du parcours associé «  Alchimie poétique: la boue et l’or.  » Le sujet de dissertation est intégralement traité sous forme de plan détaillé. Il peut également permettre de faire une synthèse, une révision dans la perspective de la dissertation.

Sujet de dissertation: Peut-on dire que, dans Les Fleurs du mal , Baudelaire apparaît comme un alchimiste?

Mais en préambule: Qu’est-ce que l’alchimie? Nous nous appuyons sur les définitions proposées par le CNRTL:

  • Définition étymologique: Pratique de recherche en vogue notamment au Moyen Âge, ayant pour objet principal la composition d’élixir de longue vie et de la panacée universelle, et la découverte de la pierre philosophale en vue de la transmutation des métaux vils en métaux précieux.
  • En partic.  [En parlant de création poétique ou du langage] Transformation de la réalité banale en fiction hallucinatoire ou/et poétique.  Alchimie du verbe .

Problématique: Quelle est la fonction de la poésie baudelairienne?

1. La poésie baudelairienne et le lyrisme

Baudelaire, comme nombre de poètes au milieu du XIXème siècle, traite de sujets lyriques.

A. L’amour

A l’instar des poètes depuis l’Antiquité, Baudelaire traite avant tout de la question amoureuse. Citons « L’invitation au voyage » dans laquelle il propose une rêverie amoureuse. Il s’inscrit dans l’évocation de sentiments personnels et utilise la première personne du singulier.

B. Le voyage

Ensuite, Baudelaire a très tôt été forcé de voyager lorsque son beau-père militaire, le général Aupick, a voulu tenter de le mettre dans le droit chemin. Mais cette expérience lui a donné le goût de la découverte de l’exotisme, très en vogue au XIXème siècle.

C. Le spleen

Enfin, les Romantiques traitaient le thème de la nostalgie. Baudelaire va aller plus loin et traiter du spleen . (voir fiche sur le spleen ) Il propose un cycle composé de plusieurs poèmes du même titre afin de mettre en évidence la bataille qui se livre en lui entre l’Idéal et le Spleen . Nous pouvons par exemple renvoyer à «  Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle « .

Lorsque Baudelaire fait oeuvre de lyrisme, il s’inscrit souvent dans la lignée des Romantiques qui l’ont précédé.

2. La poésie dans Les Fleurs du mal : l’alchimie

A. de la banalité à la poésie.

Ainsi, dans « A une passante », Baudelaire donne à lire un poème qui repose sur un instant fugace, la rencontre d’une séduisante inconnue dans la rue.

B. De la laideur à la beauté

En effet, si Baudelaire crée un poème dans la lignée de l’Art pour l’Art avec « La beauté » qui renvoie à la beauté idéale et glacée de la statue, il parvient également et c’est exceptionnel à créer du Beau à partir de la plus grande laideur. Ainsi, dans «  Une charogne » , il décrit avec une grande poésie un cadavre en putréfaction croisé le long d’un chemin de promenade.

C. La beauté dans le mal

  • D’abord, le titre du recueil poétique, Les fleurs du mal , donne à penser grâce à l’oxymore (« fleurs » et « du mal ») la synthèse dont la poésie est capable.
  • Effectivement, Baudelaire se propose d’aborder des thèmes sulfureux tels que le vampirisme ou encore l’homosexualité féminine. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la première édition est interdite et fait l’objet d’un procès . Dans les six poèmes interdits, Baudelaire valorise par la poésie des situations qui sont décriées par la société de son époque.

3. La poésie Baudelairienne: une poésie qui réfléchit sur la poésie

A. la situation du poète.

Or, Baudelaire découvre très vite que le poète est différent du reste de la société. En effet, sa capacité à voir et à dire le monde fait de lui un être d’exception. Il l’explique dans « L’albatros » . Ainsi, cet oiseau est doté de grandes ailes, ce qui apparaît comme un atout en vol mais qui s’avère une grande difficulté sur terre lorsqu’il s’agit de marcher. Dans la morale de cet apologue, Baudelaire explique qu’il faut voir une comparaison entre la situation ambivalente du poète et celle de l’ albatros.

B. Le poète l’alchimiste

Puis, Baudelaire montre à plusieurs reprises dans le recueil que le poète est capable de transfigurer le réel. Effectivement, la beauté de la poésie lui permet de changer l’éclairage que l’on porte sur le réel. Ainsi, dans « Soleil », il compare l’oeuvre du soleil et celle du poète. Car tous deux sont capables de changer la vision que l’on a des choses et tous deux sont nécessaires à la vie.

C. Le voyant

Enfin, dans ses poèmes, Baudelaire va plus loin encore et fait du poète un être capable de déchiffrer des signes que le commun des mortels ne peut voir. Ainsi dans «  Correspondances « , le poète est celui qui déambule dans une forêt de symboles et qui est capable de leur donner du sens.

Merci de ta lecture. N’hésite pas à poster tes remarques et commentaires, il est important pour nous de savoir si le contenu correspond à tes besoins.

En complément de la fiche « Baudelaire dissertation », tu apprécieras certainement d’autres cours. Nous te proposons avant tout ceux ci-dessous:

– Procès des Fleurs du mal

– Analyse du recueil des Fleurs du mal

– Biographie de Charles Baudelaire

– Texte intégral « Une charogne »

– Explication linéaire « une charogne »

– Recuei l Les fleurs du mal en PDF

4 réflexions sur « BAUDELAIRE DISSERTATION »

d’un point de vue méthodologique, ce type de question (question fermée) appelle un plan dialectique

Bonjour, Merci de votre commentaire. En effet, ce type de question permet de recourir au plan dialectique mais il est parfaitement envisageable de construire sa réflexion sur un autre découpage.

Bonjour, je ne comprends pas bien La poésie Baudelairienne: une poésie qui réfléchit sur la poésie, pourquoi la poésie reflechirait-elle sur la poésie ? Merci d’avance pour votre reponse

Bonjour Philippe, Merci de cette question, elle nous permet de clarifier notre propos. La poésie qui réfléchit sur la poésie est en fait un métalangage. Autrement dit, c’est le même processus de réflexion sur soi-même que l’on peut retrouver dans un film qui traite du cinéma, de la façon de produire, de tourner…

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  • Objet d’étude : La poésie du XIX e  siècle au XXI e  siècle
  • Œuvre intégrale : Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal
  • Parcours associé : Alchimie poétique : la boue et l’or

Il y a quelques semaines, j’ai décidé de proposer à la classe de Première Générale 8 du Lycée en Forêt le sujet de dissertation suivant :

« Transmuer la misère en bonheur – grâce à l’or – voilà le grand, l’incroyable et mystérieux coup d’alchimie. Non pas la matière en une autre matière mais bien la matière en esprit » (Pierre Reverdy, Le Livre de mon bord , 1948). Ces propos du poète Pierre Reverdy s’accordent-ils avec votre lecture des Fleurs du Mal ? Votre réflexion prendra appui sur l’œuvre de Baudelaire et votre connaissance du parcours associé.

Le travail, commenté en classe, a donné lieu à l’élaboration collective d’un plan en trois parties. Les élèves avaient ensuite la rude tâche d’élaborer leur dissertation. Parmi tous les travaux qu’il m’a été donné de lire, quelques-uns, particulièrement remarquables, seront publiés dans cet Espace Pédagogique Contributif.

Je vous laisse découvrir aujourd’hui la dissertation d’Océane S*. (Classe de Première générale 8, promotion 2020-2021). Note obtenue : 20/20. Bravo à elle pour ce travail de haute tenue intellectuelle. Lisez également le travail de Marion M . qui porte sur le même sujet. * Découvrez une autre contribution d’Océane sur ce blog pédagogique : https://brunorigolt.org/2020/11/22/un-automne-en-poesie-saison-10-2020-2021-troisieme-livraison/

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______ Associée aux sciences occultes du Moyen-Âge, l’alchimie est l’art de la transmutation, permettant de convertir les métaux les plus vils en or. C’est également le cas de l’art poétique qui dans sa quête d’une transformation spirituelle par la parole, métamorphose le monde, donnant une forme transcendante à la réalité. À ce titre, le poète Pierre Reverdy écrivait dans Le Livre de mon bord : « Transmuer la misère en bonheur – grâce à l’or – voilà le grand, l’incroyable et mystérieux coup d’alchimie. Non pas la matière en une autre matière mais bien la matière en esprit ». Ces propos qui mettent en évidence l’association entre quête alchimique et quête poétique, nous amènent cependant à nous interroger : la poésie, comme dans l’art alchimique, ne serait-elle qu’un moyen de transformation du mal, afin d’atteindre l’idéal ? Le poète a-t-il seulement pour but d’esthétiser et d’embellir la réalité ?

______ Ces questionnements fondent la problématique de notre travail à laquelle nous répondrons selon une triple perspective : si la poésie comme nous le montrerons tout d’abord, transmue la misère en bonheur, le poète peut aussi être attiré par le mal, et s’y abandonner. Enfin, il conviendra de dépasser ce dualisme quelque peu réducteur : indépendamment du bien et du mal, l’art poétique ne constitue-t-il pas, comme le suggère Pierre Reverdy, un dépassement du réel, et une alchimie de « la matière en esprit » ? Nous étayerons notre démonstration par Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire ainsi que le parcours qui lui est associé « Alchimie poétique : la boue et l’or ».

______ En premier lieu, nous pouvons considérer que la poésie est un moyen d’idéaliser la banale réalité. Dans Les Fleurs du Mal , Baudelaire évoque à de nombreuses reprises cette aspiration à l’élévation et à la beauté, notamment par un appel de l’ailleurs, qui apparaît comme une sorte d’échappatoire à la misérable condition humaine. C’est ainsi que dans le poème « L’invitation au voyage », le poète s’évade là où « tout n’est qu’ordre et beauté, / Luxe, calme et volupté » : évocation lyrique et presque surnaturelle d’un monde enchanteur et d’un bonheur primitiviste que la vie quotidienne dans son conformisme banal serait incapable de comprendre. C’est en effet cette quête onirique, toujours caractérisée par une éternelle insatisfaction, voire un refus du monde présent, qui pousse le poète à partir à la recherche d’un ailleurs vague et imprécis, tel que le dépeint Mallarmé dans « Brise marine » [1] : « Fuir ! Là-bas fuir ! Je sens que les oiseaux sont ivres / D’être parmi l’écume inconnue et les cieux ! ». En contrepoint de ce sentiment d’échec existentiel, la poésie procède donc à la fois d’un appel à se libérer des vestiges du quotidien et d’une invitation à entreprendre le voyage rêvé qui est au cœur des ambitions métaphysiques du symbolisme. Le voyage apparaît ici comme une fuite hors du monde, sans réelle attache ni destination : fuite vers un ailleurs plus beau, où les sensations ne seraient plus émoussées par le vulgaire et le banal. Voici sans doute pourquoi la quête du bonheur s’accompagne toujours d’un voyage idéalisé. Plus qu’un simple dépaysement, le voyage est prétexte à une quête de l’inspiration.  Mallarmé annonce dans ce même poème l’idée d’un voyage métaphorique, d’une évasion par le rêve et l’imagination grâce au pouvoir évocateur de la poésie : « Mais ô mon cœur, entends le chant des matelots ! ». Ainsi, la poésie peut-elle « transmuer la misère en bonheur » pour reprendre les mots de Pierre Reverdy, puisqu’elle permet l’idéalisation du réel.

______ D’autre part, cette quête du Bonheur va avec celle de l’amour. Envisagé comme quête de l’inaccessible, l’idéal baudelairien est indéniablement sentimental et féminin : cette aspiration à la perfection, au divin, au beau, se manifeste en effet à travers la femme, partagée entre la beauté de Vénus et la grâce spirituelle de la Vierge. « Fugitive beauté / Dont le regard m’a fait renaître » : ainsi la décrit-il dans « À une passante » ( Tableaux parisiens ) où l’instantanéité du moment et la rencontre qui n’a pas eu lieu est ce qui justement la rend si fascinante, puisqu’elle laisse place aux espoirs et à l’imaginaire fantasmé du poète. Comme un lieu inaccessible, la femme idéale reste à jamais hors du temps, car elle n’existe pas : elle est l’expression tourmentée d’un rêve utopique parfaitement exprimé dans le poème « Un hémisphère dans une chevelure » [2] : « Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que je sens ! tout ce que j’entends dans tes cheveux ! […] Dans l’ardent foyer de ta chevelure, je respire l’odeur du tabac mêlé à l’opium et au sucre ; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l’infini de l’azur tropical […] ». Nous pourrions rattacher ces exemples à la théorie de « l’art pour l’art » fondée sur le culte de la beauté, « déesse et immortelle » tel que la décrit Baudelaire dans « L’étranger » ( Le Spleen de Paris ). A cette quête de la beauté personnifiée dans la femme comme source inspiratrice, correspond la perfection du langage poétique, comme quête de l’art pour l’art. Il n’est donc pas étonnant que Baudelaire s’exclame : « La poésie, pour peu qu’on veuille descendre en soi-même, interroger son âme, rappeler ses souvenirs d’enthousiasme, n’a pas d’autre but qu’elle-même […] » [3] . La poésie n’aurait ainsi de dessein qu’elle-même, à l’opposé de toute préoccupation utilitaire ou matérialiste.

______ Pourtant, la poésie ne serait-elle que purement « gratuite » ? N’est-elle pas au contraire la révélation de la condition humaine.? Au-delà de sa propre personne, Baudelaire est en effet sensible à la misère du monde qu’il superpose à la sienne. Dès lors, nous pouvons affirmer que la poésie, comme quête du sens, vise à transmuer la misère humaine : en cherchant à métamorphoser la société vulgaire, le poète métamorphose « la boue en or » et la douleur en plénitude. De fait, les poèmes des Fleurs du Mal , bien que représentatifs d’un profond désespoir intérieur, nous paraissent refléter un état d’âme commun à tous les mortels, dont la triste condition ne pourrait être soulagée que par l’art. C’est ainsi que dans « Les petites vieilles », les femmes décrépies dont il est question sont des « monstres » qui gardent pourtant un semblant de beauté, car leurs yeux sont des « puits faits d’un million de larmes / Des creusets qu’un métal refroidi pailleta ». Le poète est donc celui qui réécrit et par la même occasion embellit le monde grossier par la quête d’une vérité supérieure. Comment ne pas évoquer ici les deux derniers vers du « Mendiant » de Victor Hugo ( Les Contemplations ) : « Et je regardais, sourd à ce que nous disions, / Sa bure où je voyais des constellations » ? Ainsi, les poètes voient-ils et prennent-ils conscience de ce que les autres méprisent et rejettent.  « La poésie est l’étoile », rappelle à ce titre Hugo dans « La fonction du poète » : comparable à un guide, le poète en éclaireur de l’humanité, conduit les hommes vers la quête du sens. C’est dans cette transmutation que réside le bonheur : telle est la mission, le rôle social du poète, car celui-ci a l’aptitude de voir l’inestimable dans la boue, prélude d’une sorcellerie évocatoire dont il s’agit de découvrir la formule magique. Nous pouvons donc considérer que le poète est un alchimiste de la misère en bonheur : son or n’a rien de métallique ni de vulgaire, il est par une quête de l’idéal, la noble perfection de l’âme qu’il réenchante par le Verbe créateur.

______ Au terme de ces premières réflexions, nous devons cependant nous interroger : la poésie se limite-t-elle seulement à cette alchimie positive ? L’œuvre de Baudelaire n’est-elle pas une « œuvre au noir » qui apparaît, sous de nombreux aspects, à l’opposé du « bien » et du bonheur ?

______ Il faut tout d’abord rappeler le rejet de la société et de ses valeurs morales de la part du poète, qui n’y occupe plus qu’une place marginale : il s’y sent étranger et « maudit » pour reprendre la célèbre expression de Paul Verlaine [4] . Cette discrimination amène alors un désir de provocation de la société bourgeoise et une totale contradiction avec les codes de l’époque, allant même jusqu’à une propension au négativisme parfaitement exprimée dans la célèbre dédicace à Théophile Gautier : « Au poète impeccable […] je dédie ces fleurs maladives ». Par leur contact mortifère, les poèmes métamorphosent le bien en mal : les fleurs naissent du désespoir. Ainsi transparait dans les poèmes de Baudelaire un accablement douloureux, profondément spirituel et cérébral qui affecte le lecteur comme dans le poème « Spleen » (n° 78, Spleen et Idéal ) : « […] l’Espoir,/ Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique, / Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir ». On retrouve dans ces derniers vers la consécration du Spleen comme négation de « l’Idéal ». À la quête artistique et amoureuse que nous évoquions dans notre première partie, succède le désespoir. L’idéal semble en effet tellement inaccessible que la désillusion suit. Cette opposition Spleen/Idéal qui compose la première partie des Fleurs du Mal est d’autant plus frappante que les deux thèmes se côtoient tout au long de la section. Nous observons peu à peu l’idéal et l’espoir décroitre et le spleen émerger puis triompher à la fin de la section :

« Par toi je change l’or en fer Et le paradis en enfer ; Dans le suaire des nuages

Je découvre un cadavre cher, Et sur les célestes rivages Je bâtis de grands sarcophages. »

Alors que dans le projet d’épilogue, la poésie présente cette vertu alchimique de transfigurer la « boue » en « or », c’est-à-dire le spleen en idéal, dans « Alchimie de la douleur », la douleur se change, non en or, mais en images funèbres. Cette alchimie inversée exprime autant l’horreur que la fascination : s’il se lamente sur sa douloureuse condition, c’est pour mieux assumer ce choix du malheur ; ultime provocation permettant à l’artiste de féconder sa création.

______ Qu’on ne s’y trompe pas en effet : il apparaît chez Baudelaire une attirance pour le mal qui est consubstantielle à l’alchimie du Verbe. Rien que par son titre oxymorique, Les Fleurs du Mal est un recueil qui ne cesse de fasciner par la métaphore alchimique qu’il met en œuvre : figurer l’infigurable. Au-delà de la censure dont plusieurs poèmes ont fait l’objet comme « Les Bijoux », « Lesbos », « Femmes damnées » ou encore « Les Métamorphoses du vampire », ce que révèlent ces pièces condamnées, c’est la volonté très nette chez Baudelaire de repousser les limites de la transgression et de plonger dans les profondeurs de l’âme humaine, en quête d’un art absolu. Au-delà de l’imaginaire occulte et monstrueux qui a tant fasciné le XIX e siècle, c’est donc le Diable en lui-même qui intrigue le poète, qui bien que croyant, n’hésitera pas à le mentionner à de nombreuses reprises dans ses poèmes, lui accordant ainsi une place sans précédent que Sainte-Beuve a bien mis en évidence dans une lettre qu’il adressa à Baudelaire le 20 juillet 1857 : « Vous vous êtes fait Diable ». Satan, que l’on peut associer à la monstruosité morale, à la déchéance de l’être humain et à la manifestation de tous ses vices, constitue alors une part du poète, qui essaye en tant qu’alchimiste de comprendre cette « boue » afin de façonner son esprit à la noire lumière de la corruption. De là, peut-on encore affirmer que Baudelaire est un poète de l’idéal et du beau ? Comme nous le comprenons, il n’y a pas de « poésie heureuse » pour Baudelaire. S’il s’est fait Diable, c’est peut-être pour mieux nous interpeller sur ce qu’il y a de faux et d’hypocrite dans la rêverie. D’où cette fascination, voire cette obsession pour le mal : n’est-elle pas ce qui justement fait de son recueil une œuvre originale, où sont mêlés intimement les deux opposés ? En faisant du mal son sujet, Baudelaire le met en valeur, le rend presque moralement nécessaire, consubstantiel à la beauté et à l’idéal.

______ Enfin, la poésie de Baudelaire est caractérisée par une esthétisation de la laideur, indépendamment de toute considération morale. Cette prise de conscience vise à « émotionnaliser » l’art afin d’en découvrir la vérité idéale. Mais cette vérité n’est pas belle à voir : elle pousse le poète à rechercher et extraire la beauté dans ce qu’il y a de plus laid et de plus trivial, comme pour nous révéler l’image de notre humble condition. Et cela dans le travail même des mots, qui grâce à l’or poétique prennent une toute autre dimension. Cet intérêt pour ce que le monde rejette sert aussi à interpeller le lecteur, qui se remet alors en question. Par exemple, dans le poème « Une charogne », le poète compare la femme aimée à un cadavre en décomposition, et au-delà de la simple provocation, il s’agit surtout de transformer l’immonde en objet poétique :

Alors, ô ma beauté ! Dites à la vermine Qui vous mangera de baisers, Que j’ai gardé la forme et l’essence divine De mes amours décomposés !

Esthétiser le déchet par le renversement de la beauté en laideur, c’est aussi s’inscrire dans la tradition lyrique pour mieux la détourner ; l’idylle amoureuse devient un memento mori : façon de nous interpeller sur le rôle de l’art. Loin de l’esthétique habituelle, le poète nous oblige à voir la surface rugueuse de la beauté. De cette poésie de la laideur, qui est aussi une méditation sur la mort et l’amour, nous retiendrons un aspect essentiel de l’œuvre du poète, qui est la dualité entre le bien et le mal, entre la joie et la douleur, entre l’ombre et la lumière… « J’aime l’araignée et j’aime l’ortie », écrivait justement Victor Hugo dans Les Contemplations (XXVII), où il appelle à « aimer » les êtres les plus vils. Dans le même ordre d’idées, nous pourrions citer Baudelaire qui affirmait : « Le beau est toujours bizarre. Je ne veux pas dire qu’il soit volontairement, froidement bizarre, car dans ce cas il serait un monstre sorti des rails de la vie. Je dis qu’il contient toujours un peu de bizarrerie, de bizarrerie naïve, non voulue, inconsciente, et que c’est cette bizarrerie qui le fait être particulièrement le Beau ». Ces propos [5] sont riches d’enseignement : le langage ne dit donc pas nécessairement le beau, mais il permet au contraire une interrogation sur notre façon de juger la beauté et la laideur. Si Baudelaire rejette tant la doctrine classique, avec sa mesure, sa bienséance et son bon goût, c’est certes pour provoquer mais plus fondamentalement pour nous amener à percevoir différemment le monde. Nous pouvons ainsi en déduire que le mal sous toutes ses formes fait partie intégrante de la poésie qui sert non seulement à l’exprimer, mais aussi, par le biais de celui-ci, à amener à un profond questionnement existentiel.

______ Parvenus à ce point de notre réflexion, il nous faut dès lors questionner plus profondément les propos de Pierre Reverdy : qu’est-ce que réellement la poésie ? Quelle vérité primordiale s’en dégage ? Quelle dimension peut prendre l’art poétique au-delà de la dialectique négative que nous avons étudiée entre le bonheur et la misère, le spleen et l’idéal, le bien et le mal ? Nous allons donc voir en quoi la poésie permet de transmuer la « matière en esprit ».

______ Quêteur d’invisible, le poète est tout d’abord à la recherche d’une poésie pure. Grâce à la mystérieuse alchimie qui préside à la création, la poésie nous amène inévitablement à une quête spirituelle et salvatrice incontestablement présente dans l’œuvre de Baudelaire. Celui-ci cherche par l’art poétique un monde supérieur au réel et à la matérialité : « C’est à la fois par la poésie et à travers la poésie […] que l’âme entrevoit les splendeurs situées derrière le tombeau ; et quand un poème exquis amène les larmes au bord des yeux, ces larmes ne sont pas la preuve d’un excès de jouissance, elles sont bien plutôt le témoignage […] d’une nature exilée dans l’imparfait et qui voudrait s’emparer immédiatement, sur cette terre même, d’un paradis révélé » [6] . Ces propos de Baudelaire sont révélateurs : l’aspiration poétique vers l’au-delà et le Ciel ramène ici à une dimension spirituelle que seuls les poètes peuvent entrevoir. Marc Eigeldinger évoque très bien cet aspect dans Le Soleil de la poésie , essai consacré à Baudelaire, Gautier et Rimbaud : « Tel un alchimiste, Baudelaire opère la transmutation de la substance matérielle en substance poétique, il transfigure les objets par la vertu du langage et métamorphose la boue de la capitale en or spirituel […] » [7] . Ainsi le poète devient-il un véritable magicien des mots et de la réalité, et la poésie l’expression harmonieuse et sublimée de ce qu’il y a de plus universel dans l’homme : poésie de l’âme ou « poésie pure » selon l’expression de Paul Valéry, apte à nous faire pénétrer au plus profond du secret du monde. Nous pouvons donc considérer que la vraie poésie n’est ni bien ni mal , mais qu’elle possède plutôt ce caractère presque mystique qui permet au poète d’exprimer l’ineffable et de reconstruire spirituellement l’univers.

______ Il ressort de nos considérations précédentes que le poète est celui qui perçoit l’invisible, l’immatériel, car il dépasse les apparences pour avoir la révélation de l’inconnu : il voit le monde comme il n’a jamais été vu. Il s’agit en effet d’accéder par la poésie à un autre univers, ignoré du commun des mortels. Comment ne pas songer ici à la « Lettre du voyant » de Rimbaud : « Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant ». Ainsi, la poésie, parce qu’elle mène à la quête d’une « Alchimie du Verbe » (Rimbaud) est un art d’initiés qui seuls saisissent le sens de sa dimension spiritualiste et mystique. Cette vision élitiste est exprimée par Baudelaire dans « Elévation » : le poète est un être supérieur qui « comprend sans effort / Le langage des fleurs et des choses muettes ! ». Nous pourrions également mentionner ces propos si célèbres de Mallarmé, affirmant en 1884 que « la poésie est l’expression, par le langage humain ramené à son rythme essentiel, du sens mystérieux des aspects de l’existence ; elle doue ainsi d’authenticité notre séjour et constitue la seule tâche spirituelle ». C’est à juste titre qu’on a souligné les dérives hermétiques de la poésie symboliste, en particulier celle de Baudelaire ou de Mallarmé dont le langage introduit de la subjectivité dans toute représentation artistique, au risque de devenir parfois quelque peu « artificiel ». De fait, ce « désir de forger, par la syntaxe aussi bien que par le vocabulaire, par l’archaïsme ou le néologisme, une langue poétique absolument distincte de la langue courante » [8] aboutit immanquablement à la quête de l’idéalité, en réaction contre le réalisme et le naturalisme. Il faut comprendre que la poésie « transforme la matière en esprit » uniquement pour ceux qui la conçoivent : c’est le poète qui choisit son lecteur, celui-là qui sera capable de voir et saisir le sens de l’invisible.

______ Enfin, « transformer la matière en esprit » revient à transmuer le langage ordinaire en chant poétique, c’est-à-dire à conférer aux mots toute leur puissance évocatrice. Le langage poétique devient alors la forme matérielle et visible de l’idée, donnant au réel un caractère sublime, épuré puisqu’il est suggéré seulement par l’abstraction : « Ce toit tranquille où marchent des colombes », magiquement évoqué par Paul Valéry dans « Le Cimetière marin », n’est-ce pas aussi la poésie « mise au monde » par l’homme ? Tant il est vrai que toute connaissance est une « co-naissance ». Grâce à la métaphore in absentia , la mer et ses voiliers deviennent un « toit » et des « colombes ». Cette recherche de l’abstraction, de l’ambiguïté, du mystère, amène à une forme d’idéalisation stupéfiante : les images, par leur hermétisme même, concourent à la création d’un univers dont le contenu réel nous échappe parce qu’il ouvre à l’insondable : ce n’est pas un paysage maritime qui est représenté, mais un paysage pensé, façonné par le mystère de la langue, né d’une véritable fusion de l’homme et de l’univers, permettant de suggérer peu à peu, et conférant au réel force et pureté. Mallarmé dira même que « nommer un objet, c’est supprimer les trois quarts de la jouissance du poème qui est faite de deviner peu à peu : le suggérer, voilà le rêve » [9] . Le symbolisme, c’est donc aussi et surtout ce pouvoir de suggestion de la poésie, qui permet de recréer le réel, faisant des poètes les déchiffreurs du monde où le réel et l’immatériel s’entrecroisent, où s’unissent la matière et l’esprit : cette union intime de l’idéal et de la poésie fait du poète un prophète, c’est-à-dire, étymologiquement parlant, un interprète de Dieu, dont le langage est sacré et le souffle inspirateur. La poésie devient ainsi acte de connaissance mais aussi acte de foi et de création grâce à l’écriture.

______ Comme nous avons essayé de le montrer en suivant les propos de Pierre Reverdy, la poésie des Fleurs du Mal , plus qu’une dualité douloureuse entre l’expérience de la réalité et l’aspiration à la beauté, amène par l’esprit à un véritable déchiffrement et une renaissance de la vision du monde. C’est cette alchimie poétique qui éloigne le poète du contingent, et qui paradoxalement le rattache pourtant au réel. S’il transmue « la matière en esprit » grâce au langage, véritable creuset d’une alchimie du Verbe, le poète a besoin de cette matière : c’est résolument dans l’humain que se situe sa poésie. Comme l’écrivait justement Pierre Reverdy dans Pour en finir avec la poésie , « s’il n’a pas en lui la matière ou, du moins, s’il n’a pas le pouvoir de garder le contact puissant avec la vie — s’il n’est pas en communion peut-être douloureuse mais profondément intime avec elle, s’il n’est pas un creuset où toutes les sensations que la vie peut donner à un être viennent se fondre, il trébuchera au seuil de l’expression et sa plume ne tracera jamais autre chose que des lignes de cendre sur une feuille de papier ». Ces propos confèrent à l’art poétique toute sa mission transformatrice et humaniste, faisant du poète le grand alchimiste de la vie. Ainsi que l’affirmait Victor Hugo dans la préface des Orientales , « tout est sujet ; tout relève de l’art ; tout a droit de cité en poésie […]. Le poète est libre » et tout, dans le monde, est matière à esprit…

©  Océane S. (Lycée en Forêt, Classe de Première Générale 8), novembre 2020. Relecture du manuscrit  et ajouts éventuels : Bruno Rigolt, janvier 2021.

  • [1] Mallarmé, Poésies. Du Parnasse contemporain , 1866.
  • [2] Petits poèmes en prose , XVII, 1857.
  • [3] Baudelaire, Notes nouvelles sur Edgar Allan Poe , 1857.
  • [4] Paul Verlaine, Les Poètes maudits , 1884.
  • [5] Baudelaire, Exposition Universelle de 1855.
  • [6] Baudelaire, L’Art romantique , 1869.
  • [7] Marc Eigeldinger, Le Soleil de la poésie , 1991, Braconnière p. 96
  • [8] Bertrand Marchal, Le Symbolisme , A. Colin (« Esthétique Lettres Sup. ») Paris 2011, page 21.
  • [9] Réponse de Mallarmé à Jules Huret dans l’ Enquête sur l’évolution littéraire . Mallarmé, Œuvres complètes II. Bibl. de la Pléiade, Paris 2003, p. 700.

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- Agrégé de Lettres modernes - Docteur ès Lettres et Sciences Humaines (Prix de Thèse de la Chancellerie des Universités de Paris) - Diplômé d’Etudes approfondies en Littérature française - Diplômé d’Etudes approfondies en Sociologie - Maître de Sciences Politiques Voir tous les articles par brunorigolt

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  • Cours : Les Fleurs du Mal, Charles Baudelaire

Les Fleurs du Mal, Charles Baudelaire Cours

Parcours : réflexions sur « alchimie poétique : la boue et l'or ».

L'alchimie est une science du Moyen Âge, tandis que l'expression « boue et or » est un extrait d'un poème de Baudelaire. Le parcours invite à réfléchir sur une idée importante pour Baudelaire et de nombreux poètes du XIX e siècle : comment créer de la beauté à partir de la laideur.

L'alchimie est une science ésotérique qui s'est développée au Moyen Âge. Le processus a pour but de percer les secrets de la matière pour transformer un métal vil en métal précieux. Dans une perspective métaphorique, l'alchimie permet au poète de déchiffrer les secrets de l'Univers grâce au pouvoir des mots et du langage.

La deuxième partie de l'intitulé du parcours « la boue et l'or » vient d'un vers de Baudelaire. En 1857, il écrit dans l'esquisse d'un poème : « J'ai pétri de la boue et j'en ai fait de l'or » (« Orgueil », Les Fleurs du Mal ). Puis, dans un projet d'épilogue pour la deuxième édition du recueil Les Fleurs du Mal en 1861, le poète s'adresse ainsi à Paris : « Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or ».

Transformer d'ignobles déchets en métal précieux, tel est l'ambition du poète : « Il m'a paru plaisant, et d'autant plus agréable que la tâche était plus difficile, d'extraire la beauté du Mal. » (projet de préface pour la deuxième édition des Fleurs du Mal ). Baudelaire s'intéresse au mal sous toutes ses formes :

  • le mal moral car le vice et le sadisme hantent les hommes ;
  • le mal physique car le corps et les nerfs du poète souffrent des douleurs insupportables ;
  • le mal métaphysique car l'âme est angoissée par l'absence de Dieu mais elle est pourtant assaillie par le tourment du péché.

Pour métamorphoser cette boue en or, Baudelaire en fait un sujet de poésie. La sensibilité du poète et sa volonté créatrice l'amènent à porter un nouveau regard sur les objets les plus abjects.

L'intitulé du parcours invite à se poser diverses questions :

  • Faire œuvre de création, est-ce porter un nouveau regard sur un sujet ?
  • Comment la voix du poète invite-t-elle le lecteur à porter un nouveau regard sur un sujet ?
  • Y a-t-il une beauté propre au mal ?
  • Comment la métaphore de la boue et de l'or explique-t-elle le principe de création poétique ?

L'auteur : Charles Baudelaire (1821-1867)

Charles Baudelaire est né en 1821 et mort en 1867. C'est un poète à part, inclassable : il peut à la fois être associé au romantisme, au Parnasse ou au symbolisme. Son recueil Les Fleurs du Mal a eu un fort retentissement au moment de sa publication.

Portrait du poète Charles Baudelaire

Après une jeunesse tumultueuse, marquée par la mort de son père et le remariage de sa mère avec un homme pour lequel Baudelaire n'a guère d'affection, le poète dilapide l'héritage familial en menant une vie de bohème à Paris. Il fréquente les cercles littéraires, lit beaucoup et devient disciple de Théophile Gautier. Sa famille décide de le mettre sous tutelle pour l'arracher à cette vie qu'elle juge scandaleuse. Baudelaire est donc condamné à une existence miséreuse. Il rencontre le peintre Manet et se consacre à la critique d'art. Il découvre également Edgar Allan Poe, écrivain américain alcoolique et indigent, et entreprend de traduire ses œuvres. Comme Poe, Baudelaire préfère rester en marge de la société. Il rejoint ainsi les nombreux artistes qui refusent d'adhérer aux valeurs d'une société bourgeoise et conformiste.

Sous le Second Empire (1851-1870), époque du règne de Napoléon III, le gouvernement impose un retour à l'ordre moral. Le recueil des Fleurs du Mal paraît en juin 1857. Les critiques à son propos sont élogieuses mais le procureur impérial intente un procès à Baudelaire. Ce procès contribue à la malédiction baudelairienne : le poète se sent humilié et incompris. Le procureur, M. Pinard, incrimine treize poèmes du recueil. Ces pièces sont accusées d'outrage aux bonnes mœurs, à la morale religieuse et à la morale publique. Pour les magistrats, parler du corps, de nudité, de volupté, de sexualité et d'homosexualité est condamnable. Les Fleurs du Mal sont considérées comme un livre dangereux. Le poète est condamné à payer une lourde amende et doit retirer six poèmes de son recueil s'il veut le faire paraître. Le texte est modifié et réédité en 1861. Il faut attendre 1949 pour que sa version intégrale soit enfin autorisée.

Dès 1855, Baudelaire commence à rédiger un nouveau recueil : Petits poèmes en prose ou Le Spleen de Paris . Il prévoit d'écrire cent poèmes mais n'en rédige que cinquante. En effet, la fin de sa vie est marquée par la maladie. Atteint de syphilis, il meurt en 1867. Son dernier recueil est publié à titre posthume en 1869. En 1897 sont également publiées les notes, pensées et anecdotes de l'auteur sous le titre Mon cœur mis à nu .

L'œuvre : Les Fleurs du Mal , 1857 (1re édition) ; 1861 (2e édition)

Baudelaire voulait retracer la tragédie de l'être humain, cette alternance constante qui le pousse tantôt vers Dieu, tantôt vers Satan. On retrouve cette idée d'opposition dès le titre du recueil et dans la structure en six parties de l'œuvre.

« Dans ce livre atroce, j'ai mis toute ma pensée, tout mon cœur, toute ma religion (travestie), toute ma haine. »

Charles Baudelaire

Lettre à Maître Ancelle

Le recueil s'appelle d'abord Les Lesbiennes en référence aux habitantes de Lesbos, île de la mer Égée, capitale de la poésie lyrique. Puis Baudelaire choisit Les Limbes , titre plus mystérieux. La perspective est plus mystique puisque les limbes sont une sorte d'espace intermédiaire, le lieu où séjournent les enfants morts sans baptême. Mais un autre poète utilise ce titre et Baudelaire doit l'abandonner.

Les Fleurs du Mal est le titre définitif choisi par Baudelaire, troublante alliance que l'on pourrait considérer comme une provocation, une envie de choquer les bien-pensants. En effet, fleur et mal sont deux substantifs que la tradition poétique oppose. En poésie, le terme fleur connote l'innocence, la pureté, et symbolise souvent la jeune fille désirée. Au mal sont associés l'obscurité et l'informe. Baudelaire semble pourtant affirmer qu'il existe une beauté propre au mal.

« Le seul éloge que je sollicite pour ce livre est qu'on reconnaisse qu'il n'est pas un pur album mais qu'il a un commencement et une fin. »

Lettre à Alfred de Vigny

Baudelaire considère que les textes de son recueil forment un tout cohérent. Chaque pièce n'a de signification que mise en regard par rapport aux autres.

Les critiques se sont acharnés à trouver un sens à la structure du recueil mais il est plus prudent de proposer des hypothèses : dans la seconde édition, 126 poèmes sont regroupés en six sections de longueurs très inégales. Ces sections peuvent être considérées comme les étapes d'un voyage explorant la misère de l'homme. Les deux premières sections posent un constat et les quatre suivantes proposent des solutions pour combattre le spleen.

Les six sections de l'édition de 1861 sont les suivantes :

1) « Spleen et Idéal » : 85 poèmes

Si l'être est envahi par l'angoisse, c'est parce qu'il aspire au bonheur mais que rien ici-bas ne peut le contenter. Le poète est donc partagé entre un sentiment de spleen, d'ennui, de mélancolie, et son aspiration à l'idéal.

2) « Tableaux parisiens » : 18 poèmes

C'est une section que Baudelaire a ajoutée entre la 1 re et la 2 de édition. Baudelaire y peint ses errances dans un Paris en pleine mutation. Il y croise des figures insolites et des êtres déchus. Ses flâneries lui font découvrir la modernité urbaine mais accentuent aussi son sentiment de solitude.

3) « Le Vin » : 5 poèmes

L'alcool est présenté comme une échappatoire sombre et dangereuse : il procure un oubli bienfaiteur qui n'est que temporaire.

4) « Fleurs du Mal » : 9 poèmes

La luxure et les amours interdites sont les thèmes majeurs de cette section. Baudelaire les présente comme une autre forme d'évasion. Cependant, cette démarche est vaine. Il s'abandonne à la débauche mais n'échappe pas à son existence misérable.

5) «Révolte » : 3 poèmes

Les tentations charnelles étant illusoires, le poète se révolte contre Dieu en se tournant vers Satan, prince des déchus.

6) « La Mort » : 6 poèmes

Les échappatoires ayant été des échecs, la mort reste le seul espoir de l'homme. Elle est une promesse de voyage qui peut soulager les maux.

Textes-clés

« l'albatros », 1861.

« Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage Prennent des albatros , vastes oiseaux des mers, Qui suivent, indolents 1 compagnons de voyage, Le navire glissant sur les gouffres amers.

À peine les ont-ils déposés sur les planches, Que ces rois de l'azur , maladroits et honteux , Laissent piteusement 2 leurs grandes ailes blanches Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule 3 ! Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid ! L'un agace son bec avec un brûle-gueule 4 , L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées 5 Qui hante la tempête et se rit de l'archer 6 ; Exilé sur le sol au milieu des huées , Ses ailes de géant l'empêchent de marcher . »

1 Indolents : insensibles, indifférents. 2 Piteusement : d'une manière qui inspire la pitié. 3 Veule : qui n'a aucune volonté ou aucune force. 4 Brûle-gueule : pipe de marin à tuyau très court. 5 Nuées : gros nuages. 6 Archer : soldat tirant avec un arc.

  • Cruauté et sadisme des marins
  • Valorisation de l'albatros : oiseau majestueux
  • Vision pathétique de l'albatros
  • Déchéance de l'oiseau
  • Comparaison oiseau-poète

Mouvements du texte :

  • Premier mouvement, récit d'une anecdote, des marins torturent un albatros pour se divertir : de « Souvent, pour s'amuser » à « qui volait ! ».
  • Second mouvement, la portée symbolique de l'anecdote : de « Le Poète est semblable » à la fin.

L'essentiel du texte à retenir :

  • La valeur symbolique de l'albatros : « L'Albatros » n'est pas un sonnet mais sa composition y ressemble dans sa progression. Baudelaire raconte une anecdote et explique sa portée symbolique dans la dernière strophe. L'albatros est d'abord décrit comme un oiseau, puis il devient une allégorie. Il illustre l'idée que Baudelaire se fait du poète « maudit » : un être supérieur isolé des hommes à cause de son génie. Baudelaire développe ici un des thèmes chers aux romantiques.
  • Un poète déchiré entre spleen et idéal : ce texte appartient au cycle des poèmes qui célèbrent la grandeur de l'art et du poète dans la section « Spleen et Idéal ». Le poète assoiffé d'idéal au milieu des autres hommes subit l'isolement de l'homme de génie. Pour évoquer ces êtres singuliers que sont les artistes, Baudelaire choisit ici un symbole douloureux : l'albatros représente la dualité de l'homme cloué au sol et aspirant à l'infini.
  • « L'Albatros », une fleur du mal : c'est au-dessus du vide que l'oiseau peut déployer « ses ailes de géant ». La splendeur émane de la dysphorie (état de mal-être) comme le rappelle le titre du recueil. De façon paradoxale, l'angoisse et la tristesse se transforment positivement : l'albatros était « le roi de l'azur » et devient « le prince des nuées ». Il a gagné en jeunesse et en charme.

« Une charogne », 1857

« Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme , Ce beau matin d'été si doux : Au détour d'un sentier une charogne 1 infâme Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l'air, comme une femme lubrique 2 , Brûlante et suant les poisons, Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique 3 Son ventre plein d'exhalaisons 4 .

Le soleil rayonnait sur cette pourriture , Comme afin de la cuire à point, Et de rendre au centuple à la grande Nature Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;

Et le ciel regardait la carcasse superbe Comme une fleur s'épanouir . La puanteur était si forte , que sur l'herbe Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride 5 , D'où sortaient de noirs bataillons De larves , qui coulaient comme un épais liquide Le long de ces vivants haillons 6 .

Tout cela descendait, montait comme une vague , Ou s'élançait en pétillant ; On eût dit que le corps , enflé d'un souffle vague, Vivait en se multipliant .

Et ce monde rendait une étrange musique, Comme l'eau courante et le vent, Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique Agite et tourne dans son van 7 .

Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve, Une ébauche lente à venir, Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète Nous regardait d'un œil fâché, Épiant le moment de reprendre au squelette Le morceau qu'elle avait lâché.

- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure , À cette horrible infection , Étoile de mes yeux, soleil de ma nature, Vous, mon ange et ma passion !

Oui ! telle vous serez , ô la reine des grâces, Après les derniers sacrements 8 , Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses, Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine 9 Qui vous mangera de baisers , Que j'ai gardé la forme et l'essence 10 divine De mes amours décomposés ! »

1 Charogne : animal en décomposition. 2 Lubrique : qui manifeste une forte attirance pour les plaisirs charnels. 3 Cynique : insolente et immorale. 4 Exhalaisons : odeurs émanant de certains corps. 5 Putride : en état de décomposition. 6 Haillons : vieux vêtements en lambeau. 7 Van : instrument qui permet de séparer les grains de la paille. 8 Sacrements : rite sacré administré à un mourant. 9 Vermine : vers. 10 Essence : substance essentielle.

  • Lexique de la nature, cadre de la promenade amoureuse
  • Oxymores valorisant la charogne
  • Apostrophes galantes
  • Évocation d'une odeur atroce
  • Analogie entre la femme et la charogne
  • Périphrases pour désigner la charogne et rendre compte de son caractère malsain
  • Détails répugnants
  • Métaphore et champ lexical de l'art et de la création
  • Premier mouvement, une scène idyllique troublée par une vision abjecte : de « Rappelez-vous » à « vous évanouir ».
  • Deuxième mouvement, description plus précise de la charogne : de « Les mouches » à « en se multipliant. ».
  • Troisième mouvement, réflexion sur le processus de création et le pouvoir de la poésie : de « Et ce monde » à « seulement par le souvenir. ».
  • Quatrième mouvement, détail macabre : de « Derrière les rochers » à « avait lâché. ».
  • Cinquième mouvement, portée symboliques, une leçon cruelle adressée à la femme aimée : de « Et pourtant » à la fin.

L'essentiel à retenir du texte :

  • Un poème macabre et ironique : dans ce poème, Baudelaire détourne avec ironie le topos romantique de la promenade amoureuse. En effet, il en appelle aux souvenirs de la femme aimée puisque la pièce s'ouvre sur un impératif : « Rappelez-vous ». Dans un cadre idyllique, le couple fait une atroce découverte. Avec une certaine complaisance et de très nombreuses précisions abjectes, le poète se remémore la vision repoussante d'une charogne. Aucun détail n'est épargné au lecteur et l'objet central du texte semble exercer une étrange fascination sur le poète.
  • Un poème qui renouvelle le topos du memento mori : les poètes de la Pléiade développent au XVI e siècle le motif du carpe diem . Ils invitent la femme à profiter du jour présent, lui rappelant que sa beauté et sa jeunesse sont éphémères. Baudelaire reprend ce motif et rappelle à la femme qui l'accompagne dans cette promenade champêtre qu'elle va mourir ( memento mori signifie en latin « Souviens-toi que tu vas mourir »). Mais il ne s'arrête pas à l'évocation de la mort comme ses prédécesseurs. Il décrit avec une étonnante précision le processus de décomposition du corps. La leçon à tirer de cette découverte, c'est que grâce à l'écriture, le poète peut reconstruire le réel détruit.
  • Un manifeste poétique, extraire la beauté du mal : le poète choisit la charogne comme sujet central de cette œuvre, allant à l'encontre de toute une tradition poétique. S'il magnifie, non sans ironie, cet animal en décomposition, c'est que le plaisir du poète est dans l'écriture, dans le processus de création. La beauté est dans la subversion, dans le rejet des convenances, des normes sociales et de la bonne morale de son époque.

« À une mendiante rousse », 1857

« Blanche fille aux cheveux roux , Dont la robe par ses trous Laisse voir la pauvreté Et la beauté ,

Pour moi, poète chétif 1 , Ton jeune corps maladif, Plein de taches de rousseur, À sa douceur .

Tu portes plus galamment Qu'une reine de roman Ses cothurnes 2 de velours Tes sabots lourds .

Au lieu d'un haillon 3 trop court , Qu'un superbe habit de cour Traîne à plis bruyants et longs Sur tes talons ;

En place de bas troués Que pour les yeux des roués 4 Sur ta jambe un poignard d'or Reluise encor ;

Que des nœuds mal attachés Dévoilent pour nos péchés Tes deux beaux seins, radieux Comme des yeux ;

Que pour te déshabiller Tes bras se fassent prier Et chassent à coups mutins 5 Les doigts lutins 6 ,

Perles de la plus belle eau, Sonnets de maître Belleau 7 Par tes galants 8 mis aux fers Sans cesse offerts,

Valetaille 9 de rimeurs Te dédiant leurs primeurs Et contemplant ton soulier Sous l'escalier,

Maint page 10 épris du hasard, Maint seigneur et maint Ronsard Épieraient pour le déduit 11 Ton frais réduit 12 !

Tu compterais dans tes lits Plus de baisers que de lis 13 Et rangerais sous tes lois Plus d'un Valois 14 !

— Cependant tu vas gueusant 15 Quelque vieux débris gisant Au seuil de quelque Véfour 16 De carrefour ;

Tu vas lorgnant en dessous Des bijoux de vingt-neuf sous Dont je ne puis, oh ! Pardon ! Te faire don.

Va donc, sans autre ornement , Parfum, perles, diamant, Que ta maigre nudité, Ô ma beauté ! »

1 Chétif : qui a peu de forces. 2 Cothurnes : chaussures montantes à semelles épaisses. 3 Haillon : vieux vêtement en lambeau. 4 Roués : personnes débauchées, de petite vertu. 5 Mutins : espiègles, malicieux. 6 Lutins : malicieux. 7 Belleau : poète français de la Pléiade. 8 Galants : hommes qui cherchent à plaire aux femmes. 9 Valetaille : terme péjoratif qui désigne l'ensemble des valets d'une maison. 10 Page : jeune homme au service d'un seigneur. 11 Déduit (ancien français) : divertissement, amusement amoureux. 12 Réduit : local exigu, généralement sombre et pauvre. 13 Lis : autre orthographe de « lys », fleur emblème de la monarchie française. 14 Valois : branche de la dynastie capétienne qui régna sur le royaume de France de 1328 à 1589. Elle succède aux Capétiens directs et précède les Bourbons. 15 Gueusant : mendiant. 16 Véfour : restaurant chic parisien.

  • Connotations positives et sensuelles
  • Lexique de la misère
  • Description méliorative valorisant la sensualité de la femme
  • Allusions au libertinage
  • Subjonctifs de souhait : comme une formule magique
  • Références historiques à la Renaissance, notamment à la Pléiade
  • Verbes de mouvement qui traduisent la liberté de la mendiante
  • Premier mouvement, portrait initial de la mendiante, une muse malade dont le poète entrevoit la beauté : de « Blanche fille » à « sabots lourds ».
  • Deuxième mouvement, processus de métamorphoses et vision onirique d'une femme séduisante et mystérieuse : de « Au lieu » à « Les doigts lutins. ».
  • Troisième mouvement, suite du processus de métamorphose, éloge paradoxal de la mendiante : de « Perles » à « Valois. ».
  • Quatrième mouvement, retour à la réalité et nouveau regard du poète : de « Cependant » à la fin.
  • La mendiante, une muse pour le poète : le poème est dédié à un être déchu en marge de la société. Baudelaire en fait un portrait à la fois exact et ambigu. Il évoque de façon réaliste sa situation misérable et douloureuse. Cependant, il émane de cette femme du charme et de la sensualité. Elle exerce un attrait puissant sur le poète car elle est un être à part et mystérieux.
  • L'alchimie poétique : Baudelaire invite le lecteur à voir au-delà des apparences. Il transforme peu à peu la mendiante en reine de roman. Il la débarrasse de ses haillons pour imaginer ses atours secrets sur un ton malicieux et lui prête de nombreux amants. Le ton du poème se fait incantatoire : le personnage réel devient un personnage fictif par la magie du verbe.
  • Une nouvelle définition de la beauté : les trois premières strophes du poème et les trois dernières encadrent celles où Baudelaire fantasme la mendiante autrement qu'elle n'est en réalité. Cependant, la vision qu'il en propose à la fin du poème n'est pas identique à celle du début : la mendiante est une femme libre dont la nudité n'est plus honteuse et qui n'a pas besoin d'artifices pour être belle.

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Cours : __Les Fleurs du mal__

Les Fleurs du mal

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Les Fleurs du mal , Baudelaire : le laid, objet poétique

Introduction :

Dès leur parution en 1857, Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire (1821-1867) provoquent un véritable tollé. Dans un violent article, le Figaro dénonce les « monstruosités » du recueil. L’auteur et l’éditeur sont condamnés « pour offense à la morale publique et aux bonnes mœurs ». Six textes sont retirés du recueil, qui connaîtra plusieurs éditions jusqu’à celle, posthume, de 1868. Baudelaire refuse l’art traditionnel où le beau se trouve défini par son éloignement de la réalité. Selon lui, son époque a sa propre beauté : si le réel n’est pas toujours fiable et peut suggérer le surnaturel, alors le laid peut, à son tour, supporter l’harmonie et devenir un critère esthétique. Cette audace inaugure une nouvelle période : celle de la poésie moderne.

Comment la poésie de Baudelaire parvient-elle à extraire la beauté de la laideur ? Nous tenterons de définir son art poétique dans Les Fleurs du mal , puis nous nous intéresserons plus précisément à une source nouvelle d’inspiration : la rue. Enfin, nous étudierons la portée symbolique de certains thèmes de la poésie de Baudelaire, afin de montrer leur lien avec la problématique du beau et du laid.

L’art poétique de Baudelaire dans Les Fleurs du mal

Un recueil en rupture avec la tradition poétique.

Baudelaire Nadar Fleurs du mal symbolisme

Alors que le romantisme a dominé la première moitié du XIX e  siècle, avec Les Fleurs du mal (en 1857) Baudelaire propose un recueil en rupture avec ce mouvement littéraire : il renouvelle profondément la définition traditionnelle de la beauté. Plus spécifiquement, il s’inspire du romantisme, mais pour rejeter les grands thèmes romantiques (nature, amour etc.)

Pour citer Sainte-Beuve prenant la défense de Baudelaire :

« Tout était pris dans le domaine de la poésie. Lamartine avait pris les deux, Victor Hugo avait pris la terre et plus que la terre. Laprade avait pris les forêts. Musset avait pris la passion et l’orgie éblouissante. D’autres avaient pris le foyer, la vie rurale, etc. Théophile Gautier avait pris l’Espagne et ses hautes couleurs. Que restait-il ? Ce que Baudelaire a pris. »

C’est-à-dire le mal. Le titre du recueil l’annonce : le poète va extraire la beauté du mal, faire naître des fleurs métaphoriques de la laideur. Il innove également en usant d’un vocabulaire cru, familier, très réaliste, jusque-là réservé à la prose.

Le poème « Une Charogne » illustre ce parti pris dès le titre ; puis avec le choix de ses mots : « lubrique » , « suant » , « pourriture » , « puanteur » , « larves » , « vermine » , etc.

Les « monstruosités » qu’on reproche à sa poésie, Baudelaire les revendique dès le titre de son recueil : les « fleurs du mal » révèlent un poète dont la mission est celle d’un alchimiste : transformer la boue en or.

L’alchimiste

Dès l’ Antiquité , l’ alchimie cherche à transformer des métaux sans valeur en or ou en argent. Pour ce faire, elle souhaite utiliser la pierre philosophale, hypothétique artefact censé agir sur les métaux et prolonger la vie.

alchimiste William Fettes Douglas philosophale

Baudelaire fait du langage poétique sa pierre philosophale, il le rend apte à transformer la matière : « Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or » , écrit-il dans l’ébauche d’un épilogue pour la deuxième édition des Fleurs du mal .

édition 1857 Les Fleurs du mal anotée par Baudelaire

Ainsi, dans le poème « Une Charogne » cité précédemment, Baudelaire extrait la beauté du corps en décomposition d’un animal mort :

« Et le ciel regardait la carcasse superbe Comme une fleur s'épanouir. »

  • Dans ces vers, on voit l’alchimiste à l’œuvre.

Il change une matière repoussante, sans valeur ( « la carcasse » ) en objet précieux. Il lui associe deux éléments inattendus : l’adjectif « superbe » , créant ainsi une oxymore ; et la comparaison à « une fleur », écho au titre du recueil.

Baudelaire ne cherche pas à se complaire dans la laideur. S’il s’y frotte, c’est pour mieux en extraire une beauté que seuls peuvent transmettre les pouvoirs de l’œuvre d’art.

Structure et thèmes du recueil

La structure des Fleurs du mal cherche à retracer la quête d’ Idéal de l’être humain et la tragédie qu’elle constitue. L’humain ne peut être délivré de son tiraillement entre une aspiration à l’Idéal et une misère matérielle et morale. Seule la mort pourrait venir y mettre fin.

Ainsi, chacune des six sections du recueil constitue une étape de la quête d’Idéal du poète.

Dans la première section (la plus longue du recueil) intitulée « Spleen et Idéal », Baudelaire s’adresse à la poésie et à l’amour , dans l’espoir de guérir son âme du dégoût que lui inspire la vie. Mais ni l’un ni l’autre ne parviennent à dissiper le puissant Spleen , auquel son âme est vouée tout entière.

Spleen :

Le Spleen, thème central chez Baudelaire, désigne le mal de vivre sous toutes ses formes : souffrance physique et métaphysique, mélancolie.

Le poète se tourne vers d’autres moyens d’évasion : les paradis artificiels dans « Le Vin », et la débauche, dans la quatrième section, « Fleurs du mal ». Face à l’échec de ces tentatives, Baudelaire se tourne vers Satan, dans « Révolte », mais reste sans réponse. Il a finalement recours à un dernier remède : le grand voyage vers un autre monde, « La Mort » (sixième section), qui seule apporte un soulagement aux souffrances de l’Homme.

Dans la deuxième section intitulée « Tableaux parisiens », le poète tente de réaliser sa quête de l’Idéal en s’adonnant au spectacle de la ville .

La rue, nouvelle source d’inspiration

Un nouveau décor.

Dans la section « Tableaux parisiens » se manifeste un élément essentiel de la modernité du recueil : la présence de la ville. Baudelaire n’est pas le premier à faire entrer ce thème dans la littérature : peu avant lui, Balzac dans les romans de La Comédie humaine , Hugo dans Notre-Dame de Paris (à qui Baudelaire dédie quelques poèmes des « Tableaux parisiens »), ont accordé à la ville une place importante. Mais Baudelaire en fait un véritable objet poétique .

Pont Neuf Monet Paris Baudelaire ville

Outre le titre de la section, la capitale (Paris) est mentionnée dans plusieurs poèmes, ainsi que certains de ses éléments emblématiques comme le Louvre (dans « Le Cygne ») et la Seine (dans « Le Crépuscule du matin »). Le vocabulaire urbain fait ainsi son apparition en poésie : « échafaudages, blocs, vieux faubourgs » (« Le Cygne »), « casernes » , « édifices » , « hospices » (« Le Crépuscule du matin »), etc.

Ainsi, le thème de la ville fait son apparition dans la poésie alors qu’il en était jusqu’alors exclu au profit de la nature.

Dans le poème « Les Petites Vieilles », « Paris » est clairement désignée au vers 26. Elle est aussi évoquée dès le premier vers à travers les mots « vieilles capitales » puis au vers 62 : « vivantes cités » . Toutefois, l’emploi du pluriel dans « vieilles capitales » et « vivantes cités » élargit ce cadre et tend à donner au poème une valeur universelle.

Le spectateur des « petites vieilles »

Baudelaire autoportrait ville

Le poète se présente comme le spectateur d’un « tableau » , mot qu’il emploie non seulement dans le titre de la section « Tableaux parisiens » mais aussi dans le poème « Les Petites Vieilles », au vers 26. Ce tableau « fourmillant » cherche à retranscrire le mouvement, l’agitation, le grouillement caractéristique de la ville.

Remarque :

Baudelaire s’essaie plusieurs fois à cet exercice au sein du recueil. « Le Crépuscule du matin » dépeint la ville qui s’éveille, tandis que « Crépuscule du soir » décrit la ville et les différents vices qu’on y retrouve. On y distingue notamment la laideur qui envahit la ville et les hommes.

Dans « Les Petites Vieilles », le rôle de spectateur du poète est souligné par l’emploi de verbes du champ lexical de l’observation, voire de l’espionnage : « je guette » (v. 3), « j’entrevois » (v. 25), __ « j’en ai suivi » (v. 49), « moi qui […] vous surveille » (v. 73) et « je vois » (v. 77). Tous sont conjugués à la première personne et désigne, par ce biais, le poète. Notons toutefois l’emploi de la deuxième personne dans le verbe « avez-vous observé »  (v. 21) : le poète invite alors le lecteur à se joindre à lui devant le spectacle de la ville.

La ville offre au poète qui s’y promène un spectacle : les « petites vieilles ». Sujet a priori peu poétique puisque, jusqu’alors, c’est plutôt la femme jeune, belle et aimée qui a inspiré les poètes, de même que c’est plutôt la nature et non la ville qui est traditionnellement jugée digne de l’écriture poétique.

« Villes » et « vieilles » se confondent d’ailleurs ici . Quelques lettres seulement les distinguent : cette paronomase permet d’accentuer la confusion. On trouve d’ailleurs un écho à cette confusion dans le premier vers : les mots « plis sinueux » personnifient les « vieilles capitales » de façon à les associer à des femmes ridées.

La laideur de ces vieilles femmes, tout comme celle de la ville, se révèlent pourtant dignes de poésie.

Pour Baudelaire, « le beau est toujours bizarre » ( Curiosités esthétiques , 1868) : contrairement à l’idée d’une perfection classique, le beau n’est pas nécessairement fondé sur l’équilibre ou l’harmonie.

C’est ce qu’assène le deuxième vers en associant deux termes en apparence antithétiques  : « tout, même l’horreur, tourne aux enchantements » , annonçant ainsi l’alchimie opérée par le poète.

Les « vieilles femmes » décrites sont désignées par le mot « monstres » dès le vers 5. Cette métaphore est reprise à travers l’emploi délibéré du pronom « ils » (plutôt que « elles ») dans les trois strophes suivantes. Leur laideur est mise en évidence à travers le champ lexical du difforme : « disloqués » (v. 5), « brisés » , « bossus » (v. 6), « tordus » (v. 7), « cassés » (v. 16), « discords » (v. 30), « ratatinées » (v. 69).

Le rythme des vers lui-même traduit et accentue l’idée de dislocation .

Ainsi, l’ enjambement des vers 6 et 7 ( « bossus/Ou tordus » ) rompt l’harmonie des alexandrins . Plus encore, un nouvel enjambement, aux vers 16 et 17, vient déstructurer la cohérence entre la syntaxe et la versification (l’auxiliaire du verbe « casser » est placé loin de son sujet par un contre-rejet externe dans une strophe précédente).

L’ animalité de ces êtres est soulignée à travers les verbes « ils rampent » (v. 9), « ils trottent » (v. 13) et « se traînent » (v. 14), jusqu’à la comparaison explicite avec « les animaux blessés » (v. 14). Malgré la monstruosité de leur apparence, ces « fantômes » (v. 25) restent en même temps des êtres humains. Les mots « furent jadis des femmes » (v. 5) et « ce sont encor des âmes » (v. 7), placés à la rime, viennent le rappeler. Elles suscitent d’ailleurs l’affection du poète qui invite le lecteur à partager ces sentiments : « Aimons-les ! »  (v. 7)

Leurs yeux sont évoqués à plusieurs reprises : « yeux perçants » (v. 17), « yeux divins » (v. 19), « yeux mystérieux » (v. 35). Notons par ailleurs qu’ils sont toujours associés à des adjectifs à connotation positive et spirituelle, qui suggèrent un don surnaturel de divination.

À la fois monstrueuses et humaines, les vieilles sont présentées comme des êtres fragiles qui semblent cheminer vers la mort, voire qui sont déjà morts :

« j’entrevois un fantôme débile Traversant de Paris le fourmillant tableau » (v. 25).

Mais la mort est immédiatement assimilée à une nouvelle naissance à travers une métaphore :

« Il me semble toujours que cet être fragile S’en va tout doucement vers un nouveau berceau. » (v. 27-28)

  • Avec ce nouveau rapprochement d’éléments opposés, le poète donne à la mort une dimension spirituelle, celle d’un passage vers l’éternité, vers un Idéal.

Des symboles à déchiffrer

Le reflet de la condition humaine.

Si les « vieilles femmes » sont un sujet digne de la poésie, c’est qu’au-delà de leur laideur physique, elles laissent entrevoir une image de la condition humaine, dans laquelle le poète se reconnaît particulièrement. À travers son regard et ses mots, elles sont transfigurées.

La condition humaine telle que la perçoit Baudelaire transparaît dans ce poème. Celle-ci semble marquée par le malheur et le chagrin, comme le résument les métaphores suivantes :

« Ces yeux sont des puits faits d’un million de larmes » (v. 33)

« Toutes auraient pu faire un fleuve avec leurs pleurs ! » (v. 48)

Vieilles Goya petites vieilles baudelaire

Ce destin malheureux, les êtres humains le subissent. En effet, ils sont comparés à des « marionnettes »  (v. 13) manipulées par « un Démon sans pitié »  (v. 16). On retrouve ici une idée exprimée dès le début des Fleurs du mal , dans le poème liminaire « Au lecteur » : « C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent ! »

Le reflet de la condition du poète

Le poète se reconnaît dans la condition de ces vieilles femmes, non seulement en tant qu’être humain, mais aussi parce qu’il voit en elles des figures déchues . Il les présente en effet comme des héroïnes que lui seul sait reconnaître. En témoignent ces vers :

« Son front de marbre avait l’air fait pour le laurier ! » (v. 60)

« Mères au cœur saignant, courtisanes ou saintes, Dont autrefois les noms par tous étaient cités » (v. 63-64)

« Vous qui fûtes la grâce ou qui fûtes la gloire » (v. 65)

Baudelaire reconnaît sa propre laideur et sa propre infirmité. Il se dépeint lui-même à travers ces sujets bas, afin de toucher à une vérité qui lui semble universelle : l’imperfection de l’homme.

Les vers « Nul ne vous reconnaît ! »  (v. 66), « nul ne vous salue »  (v. 71) font nettement écho au poème « L’Albatros » dans lequel l’oiseau méprisé incarne le poète non-reconnu et rejeté par ses contemporains, « exilé sur le sol au milieu des huées » .

Cette identification du poète aux « petites vieilles » est clairement lisible dans l’apostrophe de la dernière strophe « ô cerveaux congénères ! » (v. 81).

Le poète est celui qui sait voir le Beau et l’Idéal dans la banalité et la laideur de la réalité. Ce rôle privilégié, qu’il compare à celui d’un « père » (v. 75), Baudelaire le revendique. Ainsi, « celui que l’austère Infortune allaita » (v. 36), pour qui « ces yeux mystérieux ont d’invincibles charmes » (v. 35), c’est lui-même. Par son regard et ses mots, les « petites vieilles » sont transfigurées : « Toutes m’enivrent » (v. 41), « jusqu’au ciel » (v. 44), « ô merveille ! » (v. 76).

Conclusion :

Dans Les Fleurs du mal , Baudelaire guide son lecteur avec des évocations toujours plus noires et intenses de la laideur quotidienne du monde moderne. « Les petites vieilles » nous plonge dans la laideur dégagée par les grandes villes. Aux antipodes de la nymphe aux formes harmonieuses, le poète dépeint des vieilles femmes monstrueuses. À travers ce portrait abominable se lit l’absurdité de notre condition humaine dont l’issue se trouve être la mort, irrémédiable. Seul le poète, qui se reconnaît dans le rejet dont elles sont victimes, peut voir et montrer la beauté de leur vie passée et de leur humanité.

« Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or » , écrit Baudelaire dans l’épilogue des Fleurs du mal . C’est ainsi qu’il définit cette esthétique moderne prenant pour objet poétique la laideur et l'horreur banale de la réalité urbaine. Les Petits Poèmes en prose pousseront cette esthétique encore plus loin, jusqu’à remettre en cause la forme versifiée elle-même. Comme dirait Rimbaud : « Les inventions d’inconnus réclament des formes nouvelles » .

  • Enseignement

Dossier : Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire pour la matiere Francais - Premiere

« Les Fleurs du mal » de Charles Baudelaire

Avec Les Fleurs du mal , Charles Baudelaire a écrit l’un des plus célèbres recueils de poèmes de la littérature française. Mais savais-tu que lors de sa première publication, en 1857, Baudelaire avait été condamné pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs ? Avec des thèmes comme le voyage impossible, la sensualité, la violence amoureuse ou l'obsession de la mort, son recueil marque une rupture avec les sujets classiques de la poésie romantique. Avec Lumni, découvre l'œuvre maîtresse de Charles Baudelaire .

Analyse du recueil les Fleurs du mal

Commentaires de textes poèmes choisis.

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Article : Les Fleurs du mal l oeuvre maitresse de Baudelaire pour la matiere Francais - Premiere

« Les Fleurs du mal», l’œuvre maîtresse de Baudelaire

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« Les Fleurs du mal », Charles Baudelaire

Félix déLIRE avec Félix Radu

Article : Les Fleurs du mal la structure de l oeuvre pour la matiere Francais - Premiere

« Les Fleurs du mal », la structure de l’œuvre

Article : Les Fleurs du mal le contexte historique et politique pour la matiere Francais - Premiere

« Les Fleurs du mal », le contexte historique et politique

Article : Les Fleurs du mal les principaux themes pour la matiere Francais - Premiere

« Les Fleurs du mal », les principaux thèmes

Article : Les Fleurs du mal focus sur dix sept poemes choisis pour la matiere Francais - Premiere

« Les Fleurs du mal », focus sur dix-sept poèmes choisis

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« Spleen » de Charles Baudelaire

C'est la base : rap et poésie

Video : Commentaire L Albatros Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire pour la matiere Francais - Premiere

Commentaire : « L'Albatros » (Les Fleurs du mal) de Charles Baudelaire

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Exemple de dissertation pour le bac de français !

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  • Selon vous, est-ce l’immoralité du personnage de Manon Lescaut qui fait le plaisir de la lecture du roman ? (Voir la dissertation rédigée sur Manon Lescaut )
  • Selon vous, le roman de La Peau de chagrin nous invite-t-il à économiser notre énergie vitale ? (Voir la dissertation rédigée sur La Peau de chagrin )
  • Selon vous, Dans Sido et Les Vrilles de la vigne , Colette ne célèbre-t-elle que les êtres qu’elle a chéris ? (Voir la dissertation rédigée sur Sido et Les Vrilles de la vigne )
  • La liberté créatrice d’Arthur Rimbaud dans les Cahiers de Douai se réduit-elle simplement à une rébellion adolescente ? (Voir la dissertation rédigée sur Cahiers de Douai )
  • En quoi La Rage de l’expression de Francis Ponge oeut-il être considéré comme un recueil en cours d’élaboration ? (Voir la dissertation rédigée sur La Rage de l’expression )
  • Dans quelle mesure la nature résonne-t-elle avec l’intime dans le recueil Mes Forêts ? (Voir la dissertation rédigée sur Mes forêts )
  • Rabelais, dans le « Prologue » de Gargantua , évoque les silènes, boîtes décorées « à plaisir pour exciter le monde à rire » mais contenant diverses « choses précieuses ». En quoi cette image éclaire-t-elle votre lecture de Gargantua ? (Voir la dissertation rédigée sur Gargantua )
  • En quoi, dans les livres V à X des Caractères , l’art de la mise en scène sert-il le projet du moraliste ? (Voir la dissertation rédigée sur Les Caractères )
  • Lors de sa défense devant le tribunal révolutionnaire en 1793, Olympe de Gouges déclare qu’elle s’est « frayé une route nouvelle ». Comment cette affirmation éclaire-t-elle votre lecture de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ? (Voir la dissertation rédigée sur la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne )
  • L’étymologie grecque du mot crise, Krisis , vient du verbe krinein qui signifie discerner, juger, décider. En quoi cette étymologie éclaire-t-elle votre lecture de Juste la fin du monde ? (Voir la dissertation sur Juste la fin du monde . Tu peux peux lire ci-dessous la dissertation intégralement rédigée comme tu dois le faire le jour J)
  • L’écrivain Robert Sabatier définit ainsi la comédie : « On appelle comédie la tragédie envisagée d’un point de vue humoristique. » Cette définition vous paraît-elle s’appliquer au Malade imaginaire ? (Voir la dissertation sur Le Malade imaginaire )
  • Selon vous, quel rapport le mensonge entretient-il avec la vérité dans Les Fausses confidences de Marivaux ? (Voir la dissertation sur Les Fausses confidences )

Exemple de dissertation rédigée pour le bac de français

Voici un exemple de dissertation entièrement rédigée , comme tu devras le faire le jour du bac.

L’étymologie grecque du mot crise, Krisis , vient du verbe krinein qui signifie discerner, juger, décider. En quoi cette étymologie éclaire-t-elle votre lecture de Juste la fin du monde ?

(introduction)

La crise est un moment de transition chaotique, souvent douloureux, qui sépare deux périodes d’équilibre. Elle implique tension, discorde, rupture. La « crise » est d’ailleurs profondément liée au genre théâtral puisque toute pièce met en scène le passage d’un nœud dramatique à un dénouement. Juste la fin du monde n’échappe pas à cette règle puisque Jean-Luc Lagarce nous invite au spectacle d’une crise personnelle et familiale à son apogée. Mais le mot « crise » vient aussi du grec Krisis qui signifie décision, jugement et désigne un moment crucial d’arbitrage. En quoi cette étymologie permet-elle d’éclairer la lecture de Juste la fin du monde ? Qui juge et arbitre dans cette pièce ? Quelle instance décisionnelle préside aux choix des personnages ? Nous verrons comment le moment de chaos que constitue la crise dévoile les véritables responsables des décisions qui sont prises dans l’oeuvre de Jean-Luc Lagarce : la famille et l’individu, mais surtout le destin et ses lois inexorables.

(1re partie)                     Juste la fin du monde met en scène une crise personnelle et familiale. Le spectateur est invité tout d’abord à la tragédie personnelle de Louis, le personnage principal. Dès le prologue, il annonce sa mort prochaine : « Plus tard, l’année d’après / J’allais mourir à mon tour ». Le nœud de l’action ne réside pas dans la maladie de Louis – le personnage se sait condamné et le dénouement est connu d’avance par le spectateur – mais dans son aveu : parviendra-t-il à dévoiler ce douloureux secret ? Son mal-être est perceptible  dès le début de la pièce car sa révélation est difficile : « C’est pénible, ce n’est pas bien / Je suis mal à l’aise. / (…) mais tu m’as mis mal à l’aise et là, / maintenant, / je suis mal à l’aise. » (Partie I, scène 2). Les épanorthoses (Louis revient sans cesse sur ses termes pour les nuancer) et la structure en chiasme (ABBA) de ses phrases révèlent son enferment dans une crise intérieure dont il ne parvient pas à se libérer. En cela, Jean-Luc Lagarce crée un parallèle avec Phèdre de Jean Racine dans laquelle l’aveu de l’héroïne éponyme est au centre de la tragédie. Dans les tragédies classiques, le héros est en proie à des passions violentes contre lesquelles il ne peut pas lutter : c’est la révélation de ses passions qui crée le chaos. C’est ce qui arrive à Louis : sa maladie est déjà là au début de la pièce. Impuissant, il ne lui reste plus qu’à la révéler à son entourage. Louis vit donc deux tragédies simultanées : son combat contre la mort et sa difficulté à avouer ce combat. À l’image de Phèdre, son déchirement intérieur en fait un modèle de héros tragique en pleine situation critique.

Au-delà de la crise personnelle de Louis, c’est tout l’édifice familial qui est placé dans une situation de crise. Le retour de Louis bouleverse en effet l’équilibre familial et réveille les souffrances de chaque membre de la famille. Pour la mère, le retour de Louis correspond au retour du fils prodigue, écrivain, dont on n’a jamais vraiment compris le départ. Pour Antoine, c’est le retour du frère aîné rival, celui qui réactive ses complexes, ses passions et sa jalousie. Pour Catherine et Suzanne, Louis est un miroir qui les confronte à la médiocrité et à la banalité de leur vie. La crise familiale s’exprime violemment, au travers de disputes constantes. Ainsi, tous les personnages se querellent : Antoine et Catherine, Antoine et Suzanne, Suzanne et Catherine, la mère et ses enfants. La violence la plus spectaculaire est celle d’Antoine qui fait éclater la rivalité fraternelle au grand jour dans la scène 2 de la deuxième partie : « ANTOINE : Tu me touches : je te tues ». L’asyndète (absence de liaison entre les deux propositions) accentue la violence du propos et le caractère dramatique de cette scène où la famille, au paroxysme de la crise, se déchire sous nos yeux.

Juste la fin du monde met donc en scène deux crises distinctes : la crise personnelle de Louis et la crise familiale provoquée par son retour. Comme son étymologie grecque krisis l’indique, la crise désigne aussi un moment décisif d’arbitrage. Et l’on voit justement dans cette pièce des mécanismes se mettre en place pour arbitrer la sortie de crise.

(2e partie)

Afin de rétablir l’équilibre, la famille de Louis et Louis lui-même opèrent des choix. Le retour de Louis, après douze ans d’absence, provoque une véritable crise dans le foyer. Immédiatement, un tribunal familial se met en place pour juger le frère aîné. Ainsi, le champ lexical du droit abonde dans le texte. Catherine dit elle-même : « je ne voudrais pas avoir l’air de vous faire un mauvais procès ». Louis accepte d’endosser la culpabilité : « et ces crimes que je ne me connais pas, je les regrette, j’en éprouve du remords «  (2ème partie, scène 1). Ce tribunal familial ne s’en prend pas qu’à Louis et juge tour à tour les personnages. Ainsi, Antoine est également accusé d’être « brutal » dans la scène 2 de la deuxième partie et c’est Louis qui le défend comme le ferait un avocat : « Non il n’a pas été brutal ». La scène devient donc une juridiction dans laquelle chaque personnage se retrouve sur le banc des accusés. De ce point de vue, Juste la fin du monde fait songer à la pièce Huis-clos de Sartre où les personnages, enfermés dans une même pièce après leur mort, se jugent les uns les autres. Mais le verdict final de ce tribunal domestique conduit à rejeter Louis hors du cercle familial. Ainsi, dans la scène 3 de la deuxième partie, les personnages féminins sont gagnés par l’immobilité et s’effacent devant la confrontation des deux frères : « LA MÈRE : Nous ne bougeons presque plus, nous sommes toutes les trois, comme absentes, on les regarde, on se tait. » Le silence qui règne jusqu’à la fin de la scène suggère leur adhésion au discours d’Antoine et une rupture complète entre Louis et sa famille.

La pièce peut aussi se lire comme la représentation d’une cure psychanalytique qui mène Louis à sa décision finale, annoncée dans l’épilogue : « Je pars / je ne reviens plus jamais ». Selon Freud, trois instances sont présentes chez l’homme : le moi qui assure la stabilité et le contact avec la réalité extérieure, le ça, lieu de pulsions qui ne supporte pas la contradiction, et le surmoi, instance morale qui rappelle les interdits. Les personnages de la pièce semblent symboliser ces trois éléments : la Mère serait une sorte de surmoi (l’instance morale), Antoine le ça (les pulsions) et Louis l’inconscient qui ne parvient pas à émerger et dire la mort. Le jeu sur les temps (« je suis touché, j’ai été touché » 1re partie, scène 2) suggère une introspection dans le passé, comme cela se pratique lors d’une psychanalyse. La multiplication des épanorthoses fait penser à une parole analytique qui se cherche pour découvrir une vérité intérieure. On pourrait ainsi rapprocher Juste la fin du monde du théâtre de Nathalie Sarraute qui joue sur les codes de la psychanalyse pour en faire une aventure esthétique et littéraire. Comme Nathalie Sarraute, Jean-Luc Lagarce s’attache à saisir les non-dits et les sentiments cachés derrière l’apparente banalité des conventions sociales. Ainsi, dans la scène de retrouvailles (partie I, scène 1), des sentiments de gêne, de rejet tacite et d’hésitation se devinent derrière les phrases stéréotypées et le masque pesant des politesses : « SUZANNE : C’est Catherine. / Elle est Catherine. / Catherine, c’est Louis. / Voilà Louis. / Catherine. »

Les personnages prennent des décisions pour juguler la crise. Mais sont-ils réellement maîtres de leur destin ? Le dénouement de la crise n’est-il pa connu d’avance ?

(3e partie)    

                                Juste la fin du monde montre avant tout que seul le destin décide véritablement, les personnages étabt soumis à une autorité supérieure qui leur échappe. Le destin est la véritable instance décisionnelle de la pièce. Louis est d’abord soumis à un destin biologique : celui de la maladie. Celle-ci est presque invisible – Louis ne parvient pas à en parler – mais elle est la véritable maîtresse du jeu qui agit sur les personnages. Elle est d’ailleurs évoquée au début de l’œuvre, dans le Prologue (« J’allais mourir à mon tour ») et à la fin, dans l’Epilogue (« Je meurs quelques mois plus tard »), dans une circularité parfaite. La maladie incarne la fatalité tragique inéluctable qui scelle le destin du personnage. Elle remporte le combat inégal et perdu d’avance par Louis. Le destin auquel est soumis le personnage est également héréditaire. On découvre que trois hommes de trois générations successives portent le prénom de Louis. Jean-Luc Lagarce joue sur la récurrence de ce prénom pour inscrire son personnage principal dans une lignée tragique qui fait songer à la malédiction des Atrides dans la mythologie grecque. La crise familiale semble donc être inscrite dans un continuum qui sous-entend que le destin des personnages est écrit d’avance, comme dans les tragédies. C’est en outre ce que suggère Louis dans la scène 1 de la deuxième partie : « C’est exactement ainsi, / lorsque j’y réfléchis, / que j’avais imaginé les choses ».

Soumis à un destin qui leur échappe, les personnages sont également emportés dans une crise collective d’un monde qui ne parvient plus à fonctionner. Le titre Juste la fin du monde invite d’ailleurs les spectateurs à être les témoins d’un monde en crise. L’expression « la fin du monde » fait allusion à une apocalypse collective tandis que l’adverbe « juste » dévoile l’ironie d’un auteur qui observe ce chaos avec distance et humour. Tout comme Louis qui assiste, impuissant, à la crise familiale, le spectateur est invité à regarder l’état de crise permanent dans lequel sont plongés les membres de cette famille. Car si la crise intérieure de Louis, due à sa maladie, suscite la compassion, qu’en est-il de l’obsession psychologique des autres personnages qui se disputent sur chaque mot ? Pris dans un culte de la complication, une recherche de la crise pour la crise, les personnages passent à côté de l’essentiel. Jean-Luc Lagarce montre ainsi un monde où tout se délite : les valeurs, la famille, le langage. Les dialogues des personnages ressemblent d’ailleurs parfois à ceux du théâtre de l’absurde, tel l’échange banal entre Louis et Antoine qui rappelle les échanges mécaniques entre Vladimir et Estragon dans En attendant Godot de Beckett : « Je vais bien / Je n’ai pas de voiture, non / Toi comment est-ce que tu vas ? ANTOINE Je vais bien. Toi comment est-ce que tu vas ? » (1re partie, scène 1).

  (conclusion)

Juste la fin du monde est bien un drame de la crise : la crise personnelle et familiale est dénouée par une décision familiale tacite et une introspection personnelle qui poussent Louis à quitter sa famille, sans révéler son secret. Mais la pièce dévoile surtout la crise d’un monde désagrégé qui conduit à la désunion de tout, des êtres, des choses, des valeurs et de langage. La crise des personnages est une fenêtre par laquelle apparaît l’effondrement d’un monde comme on peut le voir chez un dramaturge comme Bernard-Marie Koltès dont le théâtre exprime la tragédie de l’être solitaire et de la mort.

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Qui suis-je ?

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Amélie Vioux

Je suis professeur particulier spécialisée dans la préparation du bac de français (2nde et 1re).

Sur mon site, tu trouveras des analyses, cours et conseils simples, directs, et facilement applicables pour augmenter tes notes en 2-3 semaines.

Je crée des formations en ligne sur commentairecompose.fr depuis 12 ans.

Tu peux également retrouver mes conseils dans mon livre Réussis ton bac de français 2024 aux éditions Hachette.

J'ai également publié une version de ce livre pour les séries technologiques ici.

62 commentaires

Bonjour Amélie, J’ai arrêté l’école il y a plusieurs années… Je n’ai pas le niveau lycée et j’aimerais savoir si vos cours suffiront pour passer le bac es de français en tant que candidat libre ?

Bonjour Abid, Mes cours et formations sont adaptées pour les lycéens qui passent le bac de français. Si tu es en reprise d’étude pour passer le baccalauréat, mes cours te seront donc bien utiles !

Bonsoir Mme Vioux, merci pour cette page, elle me sera très utile, cependant, avez-vous le corrigé de la dissertation sur LaFontaine s’il-vous-plaît ?

c’est un seul paragraphe dans l’intro, un paragraphe dans la conclusion.

Bonjour, c’est la première fois que je dois faire une dissertation et je ne sais pas comment m’y prendre .Pourriez vous m’aider ? La plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber mais de savoir se relever. Merci pour votre aide

Bonjour, Est-il possible d’avoir la réponse concernant les sujets : – Des Fables de La Fontaine – Des Fleurs du Mal de Baudelaire ( Au moins le plan s’il vous plaît ) Merci

Bonjour Amélie, Désolé de te déranger, mais j’aurais aimé savoir si mon plan pour la dissertation sur Les Fleurs du Mal était cohérent. Je me permets donc de l’écrire ci-dessous: I- La laideur peut être une source d’inspiration poétique II- Cependant, la beauté peut suffire comme source d’inspiration III- La poésie ne peut-elle pas s’inspirer d’autre chose que le jugement subjectif? Merci pour tout ce que tu fais! Adam

Bonsoir, j’ai un bac blanc mardi (de français évidemment ^^) et je n’ai étudié pour le moment que la comédie du valet. Dans votre sujet de dissertation que vous proposez, qui est « Pourquoi l’archétype du valet de comédie est-il d’une grande richesse dramaturgique ? », et dans les idées de thèmes pour les parties, vous ne prenez pas en compte un des termes principaux : l’archétype. Donc, je me demandais si en ayant ce thème, nous pouvions traiter tous les valets, mêmes ceux qui sortent de ce carcan, comme Figaro ? Merci par avance pour votre réponse, Ambre.

bonjour à la lecture de la dissertation j’ai fait ce plan qu’en pensez vous ? 1) le personnage de roman: un héro A) des valeurs (Ulysse dans l’odyssée) b) un personnage qui réalise de grande chose (bel ami de Maupassant) c) un personnage fantastique (Harry potter) 2) le personnage de roman un être nuancé A)un personnage réaliste (etienne lantier, germinal de zola) b) un personnage emprunt au doute (Winston smith, 1984) c) l’anti héro (lolita Nabokov) 3)le role du personnage de roman a) Raconter une histoire (la chambre des officiers) b) un représentant d’un monde (colin l’écume des jours) c) faire passer une morale (des souris et des hommes de steinbeck) ouverture le but du romancier

J’ai été choisie cette année par mes professeurs pour participer au concours général des lycéens, j’ai pris l’épreuve de français et je vais devoir passer 6H sur une dissertation, et je n’ai jamais fais de dissertation de ma vie. Mon professeur nous a proposé une dissertation en français sur l’argumentation mais je bloque et je stagne, serait-ce possible d’avoir aide s’il vous plait ?

Est-il possible que la dissertation soit plus facile pour le bac de français que le commentaire?

Les deux exercices font appel à des qualités différentes. C’est à toi de voir lequel de ces deux exercices te semble le plus simple à réaliser.

Bon article mais j’aurais voulu connaître la stucure dans le détail d’une dissertation.

combien de paragraphes peuvent comprendre l’introduction et la conclusion

salut l’introduction on l’a fait en un paragraphe ou en plusieurs paragraphe

bonjour j’ai une dissertation à écrire sur le sujet « dans qu’elle mesure un roman vous permet d’en apprendre davantage sur vous même et sur les autres ? » pourriez vous m’aidez svp

Il ne m’est pas possible de faire de l’aide aux devoirs dans les commentaires. Il faut t’orienter vers un forum ou un tuteur.

Bonjour cela m’aide beaucoup mais comme toujours j’ai des problèmes pour commencer une introduction surtout sur la thématique de mon sujet « L’amour évoqué dans les oeuvres théâtrale lues n’est-il que badinage?  » je tiens à dire que je suis en seconde et que mon cerveau est actuellement le désert de Gobi.

Bonjour Amelie, j’ai une question au sujet de la dissertation. Au moment de formuler ma problématique sois je n’en trouve pas, sois je vais trop loin et frôle le hors sujet. Je n’arrive pas à reformuler le sujet. Pouvez-vous m’aider ?

Bonjour Nayanka, La problématique n’ est pas une simple reformulation du sujet. Tu dois mettre en valeur les différentes questions suscitées par le sujet afin de montrer son intérêt. Je te conseille de t’inscrire à ma formation gratuite en 10 leçons pour voir mes vidéos sur la dissertation. Bon courage.

Merci pour cet article. Il aurait été intéressant de parler des personnages avec les influences des 3 déterminismes (sociaux, historiques et biologiques) qui justement apportent un côté scientifique, fatal quant à la vie des personnages et montrent que le personnage n’a pas réellement de côté extraordinaire –> Toute l’oeuvre de Zola.

Une dissertation n’a pas vocation à être un cours exhaustif sur un sujet donné et il y a bien sûr d’autres développements possibles et d’autres exemples de personnages qui pourraient être mis en avant.

Bonsoir Amélie, je me suis permise de vous envoyer un message privé par mail pour que lire ma dissertation, je ne voulais pas qu’elle fasse objet de plagiat,

Bonjour Claire, Je n’ai malheureusement pas le temps de corriger vos devoirs par email. J’ai déjà beaucoup d’élèves à corriger, je ne peux réaliser ce travail pour davantage de personnes !

Bonjour Amélie, je trouve votre site très intéressant et très bien expliqué. J ai une dissertation sur la phrase suivante « cette histoire est vraie puisque je l ai inventée  » de Boris Vian. Si on analyse la phrase de loin, on peut reconnaître un paradoxe mais on s aperçoit que la vérité ce n est pas la réalité. En effet la vérité relevé de l universalité, elle relève du discours tandis que la réalité et ce qui nous entoure. Mais même après cette analyse, je ne sais pas comment m’y prendre pour faire un plan. Si vous pouviez me aider pour ce sujet, s il vous plaît.

bonjour, Je suis en 1ère S et je n’ai jamais fait de dissertation de ma vie. Mon professeur m’en a donné une à faire, et je n’y arrive pas du tout. Je ne sais même pas quoi mettre dans l’introduction… La question c’est : dans quelle mesure la forme littéraire peut-elle rendre une argumentation plus efficace ? C’est seulement grâce à vous que j’ai compris qu’il fallait faire un plan thématique, merci ! Je voulais un peu m’aider d’internet, parce qu’à part ça, je ne sais rien, et j’ai remarqué que c’était exactement le même sujet que celui de 2007, avec les mêmes textes. Il y a deux ou trois corrigés mais je ne veux pas recopier parce que je ne comprend même pas le raisonnement… S’il vous plait, pouvez-vous m’aider en me disant à peu près quoi mettre dans l’introduction, et comment faire mon plan ? Merci beaucoup d’avance.

Bonjour Shana, Tout d’abord, tu as raison de ne pas recopier quelque chose trouvé sur internet : c’est du plagiat – les professeurs ne sont pas dupes – et puis surtout, cela ne te ferait pas progresser. Tu peux lire quelques ressources mais il est important ensuite de mener un raisonnement par toi-même. Je ne peux pas faire de l’aide aux devoirs dans les commentaires des articles. Juste quelques indications : cherche les raisons qui font que la forme littéraire d’un texte peut rendre le message du texte plus percutant. Appuie-toi sur des exemples concrets pour trouver des arguments (pense par exemple aux contes philosophiques de Voltaire, aux fables de La Fontaine…). Idéalement, tu pourrais trouver deux raisons qui te donneront deux axes. Dans un troisième temps, tu pourrais te demander si c’est réellement la forme du texte qui rend une argumentation plus efficace (d’autres aspects du texte ne sont-ils pas plus importants ? Qu’est-ce qui rend une argumentation efficace ?) Bon courage !

Bonjour, je tenais à vous dire que votre blog est exceptionnel je comprends plus de choses ! Cependant je n’arrive pas à rédiger une introduction de dissertation. Pourriez-vous m’éclairer? Merci d’avance!

Bonjour , j’ai un problème avec une dissertation que je doit au plus vite le sujet : D’après le marquis de Sade,  » on appelle roman l’ouvrage fabuleux composé d’après les plus singulières aventures de la vie des hommes. » cette définition vous paraît-elle fondée ? Pour cela il faut s’appuyer sur les textes du corpus ( extraits de L princesse de Clèves de Madame de Lafayette et Bel-Amide Maupassant) .

Bonjour , j’ai un problème avec une dissertation que j’ai à rendre au plus vite, le sujet est « il faut se méfier de ceux qui cherchent à nous convaincre par d’autres voies que celles de la raison  » j’ai donc fais deux axes -> persuasion conviction mais j’ai du mal à trouver des sous parties Pourriez vous m’aidez ? Merci d’avance

Bonjour Amélie, Tout d’abord merci pour ton site très complet et très rassurant. Mon professeur de français nous recommande de ne pas préciser dans ma dissertation si le texte que j’utilise comme exemple provient du corpus. Cependant je vois de nombreuses corrections de dissertation où il est écrit « Texte B du corpus »… Est-il obligatoire de préciser qu’il est extrait du corps? Merci d’avance

bonjour j’ai une dissertation a rendre pour la rentrée j’ai la problématique « est-il plus efficace de défendre une cause ou de dénoncer une injustice a travers une fiction ou une argumentation » mais je ne comprend pas comment je pourrais la rédiger, j’ai également regarder vos explications. Je ne c’est pas mettre en oeuvre pouvez vous me donner des indices merci.

BONSOIR. Merci beaucoup, vos cours sont vraiment bénéfiques et très utiles. je vous souhaite bonne continuité.

Bonjour ! Tout d’abord, merci beaucoup pour vos cours qui me sont vraiment très utiles ! Je voulais vous demander jusqu’où nos exemples peuvent aller dans une dissertation. Je m’explique : dans une dissertation sur la poésie, peut-on citer des artistes contemporains comme le groupe Fauve Corp ou Saez ? Et dans le roman, des oeuvres récentes comme Yasmina Khadra, etc… Merci d’avance pour votre réponse !

Bonjour, j’ai une dissertation à faire sur le héros en littérature. Je suis un peu perdu, j’hésite quant au plan. 2 ou 3 parties? I le héros II l’anti héros

Bonjour j’ai une dissertation à faire. Elle est la suivante: Qu’attendez-vous d’un personnage de roman? Qu’il vous fasse rêver ou qu’il vous renvoie aux dures réalités de l’existence? Je pense construire un plan dialectique dans une première partie le personnage de rêve, dans une seconde le personnage réaliste et dans une troisième et dernière partie une confrontation de mes deux premières idées en parlant d’un personnage de roman qui fait rêver tout en étant réaliste. Pensez-vous que ma dernière partie est pertinente? si oui pouvez-vous me donner des œuvres qui pourraient constituer des exemples concrets pour ma partie. Merci d’avance.

Bonjours j’aimerais avoir quelques argument sur la question de la dissertation suivante : un poeme fait t’il toujours entendre plusieurs voix ? ( je trouve ca assez compliquer…) ( je suis en 1S). 🙂 merci d’avance

Amelie je ne comprends pas pourquoi vous considérez que les personnages du texte A « Colette » sont extraordinaires? Au contraire, ils sont tout à fait réalistes, je pense … non?

mdm Amélie s’il vous plais j’ai un examin sur le dictionnaire philosophique de voltaire et j rien compris comment je travail un dissertation pouvez vous m’aidé et me donner quelques exemples

s il vous plait ameli demain j ai un devoir mais c prevu d avoir une dissertation concernat la peste d albert camus pouvez vous m aider et me donner quelque exemple de dissertation analysée à propos la peste /merci bcp

Je ne peux pas te faire plusieurs dissertations sur La Peste en une soirée 😉 Pour réviser, revois les enjeux de cette oeuvre, son thème, le symbolisme de le peste dans le roman et visionne également ma vidéo sur l’absurde chez Camus .

Merci beaucoup pour cet exemple de dissertation ! J’aimerais savoir si il était possible d’avoir une méthode et/ou un exemple de rédaction d’introductions de dissertations.

Merci pour tous vos articles encore une fois !

Bonjour, je suis en 1ere ES et je commence a découvrir la dissertation sauf que je n’arrive pas a trouver un plan convenable… Malgré de longue recherche, il y a beaucoup de possibilité. Le sujet donné est le suivant: « Dans cette oeuvre les indiens du nouveau monde, des hommes comme les autres ?  » l’oeuvre en question est la pièce de théâtre « La controverse de Valladolid » de Jean-Claude Carrière. je sais déjà que c’est un plan dialectique que je dois utiliser. il faut je pense parler des colonisations des années 1500. Mais impossible de trouver un plan … pourriez-vous m’aider s’il-vous-plais ?

Je ne peux pas faire d’aide sur mesure pour vos devoirs. Un plan dialectique est tout à fait envisageable pour ce sujet, mais c’est en réfléchissant sur l’oeuvre de J.C. Carrière et sur les différentes façons dont les indiens y sont caractérisés que tu parviendras à répondre à cette question.

Merci beaucoup 🙂

j’ai une dissertation à faire c’est urgent et j’ai besoin d’aide voici le sujet : Dissertation sur l’argumentation Vous direz quels types de textes argumentatifs (apologues ou argumentation directe) vous préférez, en expliquant pour quelles raisons. Vous développerez trois arguments et trois exemples dans chaque partie. vous prendrez vos exemples dans les textes et oeuvres lus et étudiés en cours

Bonjour Amélie !

J’ai découvert votre blog il y a quelques mois de cela et il est vraiment TOP ! Demain, je pars dans l’optique de choisir la dissertation car durant l’année, j’ai eu les meilleurs notes dans ce sujet mais c’est aussi parce que j’apprécie la dissertation. Par contre, notre prof nous a dit que nous étions obligés de reformuler une problématique à partir du sujet. J’ai donc un doute maintenant. Selon le correcteur, y a-t-il une chance de perdre des points parce que nous avons repris la question posée par le sujet ?

Merci d’avance !! 🙂

Bonjour amelie, j ai un sujet de dissertation que je ne comprend pas pourriez vous me l expliquer ? Le sujet est : quelle place, la representation theatrale laisse elle a l imaginaire du spectateur ? Merci d avance

Merci ! Je cherchais un exemple de dissertation afin de m’améliorer !

bonjours, je me pose une question, comment peut t’on présenté clairement nos différente partie alors que ces dernière doivent être rédigé ? en somme, comment faire une syntaxe de notre plan ?

Est ce que dans A du grand II, personnage psychologique, nous pouvons donner comme exemple La princesse de Clèves de Madame de Lafayette et aussi Jeanne dans Une vie de Maupassant ?

Ps: la Dissertation permet-elle réellement d’avoir une bonne voir très bonne note par rapport au commentaire ? Dans quel mesure prendre le commentaire ? Merci encore

Bonjour, Amélie voila je suis en 1 ère et le bac arrive a grand pas et j’hésite a choisir le commentaire ou la dissertation. Car j’ai eu 8.5/16 en dissertation au 2ème bac blanc alors que j’avais eu 15/20 au 1er. Mais pour le commentaire j’ai beaucoup de difficulté j’ai fait 4 commentaire dans l’année et pour tout les 3 j’ai eu en dessous de la moyenne et 1 seule ou j’ai eu 12/20 sachant que c’était un dm. Mais le problème c’est que j’ai peur de ne pas avoir assez de connaissance sur le sujet proposé. J’aimerais aussi savoir, si vous aviez une idée concernant les genres / thèmes susceptibles de tombées et les question qui permettrait d’orienter mes révisions car je ne sait pas trop comment et quoi réviser( ex: théâtre: Les Metteurs en scène sont il des artistes a part entière ? ) Merci

Est ce qu’il aurait été possibles en ce qui concerne les personnages réalistes de parler des romans naturalistes et réalistes ?

bonsoir j’ai trouvé un bon sujet de dissertation mais pas la réponse si vous pourriez m’aider alors c’est est ce qu il faut comprendre la poésie ?

bonsoir, je vous écris pour vous remercier car je ne sais pas si il y a un lien mais depuis que je suis la formation gratuite mes 8 en contrôle et 8.5,9 en bac blanc se sont transformés en 13 en dissertation en classe et 13 au dernier bac blanc et ces vidéos m’ont donc été bénéfiques.

Bonjour Amelie j’ai bientôt un bac blanc . Et ma prof de français nous conseille de choisir la dissertation . Mais la question de dissertation me paraît souvent difficile . Dans quel cas puis je la prendre ou pas ? Merci d’avance .

Bonsoir Hayete, La dissertation est un bon choix quand on sait dérouler un raisonnement pour répondre à une question (il faut être très logique et maîtriser l’art de la nuance) et lorsqu’on a de solides connaissances littéraires. En effet, une dissertation où vous ne citez que le textes du corpus (faute d’en connaître d’autre) est pauvre et peu convaincante. Aussi, choisis la dissertation si tu es à l’aise avec cet exercice et si tu es capable de justifier tes idées avec des exemples variés et précis. Autrement, il est plus intéressant de se tourner vers le commentaire littéraire.

Bonjour, Il y a 3 jours, nous avons eu un bac blanc où j’ai pris la dissertation et je me rappel du mois de novembre avec le première où j’avais pris la dissertation également, sauf que je me souviens que d’après le correcteur je détournais le sujet: la question était « faut t-il qu’un personnage prenne la parole pour exister? » et l’objet d’étude le théâtre, et j’ai dis comme problématique reformulée que « nous allons nous demander si les acteurs doivent obligatoirement utiliser le texte pour faire passer un message » car pour moi, le fait d’exister signifiait, jouer son rôle qui est à travers une histoire et un contexte de faire passer un message. Merci d’avance

Bonsoir Marc-Antoine, Effectivement, ta problématique dénaturait le sujet. Dans une dissertation, la problématique est une reformulation du sujet qui met en valeur le paradoxe ou les enjeux de ce dernier; mais elle ne doit pas transformer le sujet . Si tu as trop de doutes sur ta problématique, le mieux est de garder le sujet tel quel (à votre niveau, c’est acceptable).

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Les Fleurs du mal, Baudelaire: Parcours "Alchimie poétique : la boue et l’or"

Séquence pédagogique proposée par Edwige Lanères, pour une classe de 1 ère .

La lecture visuelle de l’œuvre s’accompagne d’une lecture auditive : les élèves sont guidés dans l’écoute de l’ audiolivre Les fleurs du mal , aux éditions Thélème  ; poèmes lus par Michel Piccoli, Guillaume Gallienne, Denis Lavant et Eric Caravaca. Un travail scénique sur plusieurs poèmes est mené en collaboration avec la comédienne Françoise Lervy, grâce au dispositif La Plume de paon des lycéens .

Mise à jour : 15 février 2022

  • Découvrir la séquence (pdf, 5.12 Mo)

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Résumé de cours Exercices et corrigés

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Cet exercice corrigé permet aux élèves de s’assurer qu’ils ont bien compris le cours en ligne de français en première les Fleurs du mal de Baudelaire , œuvre au programme de français.

D’autres exercices sur des œuvres du programme sont également disponibles sur notre site : des exercices sur les Contemplations de Hugo , des exercices sur Alcools d’Apollinaire , des exercices sur les Fables de La Fontaine , des exercices sur les Mémoires d’Hadrien de Yourcenar et sur les Lettres persane de Montesquieu ou encore un commentaire sur l’Enterrement de Verlaine . A noter que pour ce dernier exercice, il est indispensable que les élèves maîtrisent la méthode du commentaire littéraire et connaissent les outils et formules pour rédiger .

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C’est reprendre le contrôle, répondre aux question suivantes sur les fleurs du mal.

1.Quelle est la date de publication des Fleurs du mal ? – 1855 – 1856 – 1857 – 1858

2. Quel est le nom du procureur dans le procès des Fleurs du mal ? – Bernard Pinot – Ernest Pinard – Auguste Poulet-Malassis – Maître Chaix d’Est-Ange

3. A quoi est condamné Baudelaire à l’issue du procès des Fleurs du mal ? – L’interdiction totale de vendre le recueil des Fleurs du mal. – L’obligation de brûler tous les recueils déjà édités. – La censure de treize poèmes. – La censure de six poèmes et une amende.

4. Remettez dans l’ordre les six parties qui composent les Fleurs du mal : – Révolte – Fleurs du mal – Le vin – Spleen et Idéal – La mort – Tableaux parisiens

5. Quelle est la date de naissance de Charles Baudelaire ? – 1820 – 1821 – 1822 – 1823

6. En 1841, le général Aupick envoie son beau-fils à l’étranger, mais où ? – En Europe – Aux Etats-Unis – En Afrique – Aux Indes

7. Quels sont les autres métiers que Baudelaire a exercé en plus d’être poète ? (plusieurs réponses possibles) – Journaliste – Traducteur – Avocat – Critique d’art – Notaire – Commissaire priseur – Conservateur de musée

8. En quelle année meurt Baudelaire, auteur des Fleurs du mal ? – 1857 – 1867 – 1877 – 1887

9. Complétez la citation de Baudelaire : “Tu m’as donné … et j’en ai fait …” – ta crasse / du beau – ta vieillesse / du neuf – ta boue / de l’or – ta vie / de l’art

Correction de l’exercice sur les Fleurs du mal

  • Quelle est la date de publication des Fleurs du mal ? – 1857
  • Quel est le nom du procureur dans le procès des Fleurs du mal ? – Ernest Pinard
  • A quoi est condamné Baudelaire à l’issue du procès ? – La censure de six poèmes et une amende.
  • Remettez dans l’ordre les six parties qui composent les Fleurs du mal 1. Spleen et Idéal 2. Tableaux parisiens 3. Le vin 4. Fleurs du mal 5. Révolte 6. La mort
  • Quelle est la date de naissance de Charles Baudelaire ? – 1821
  • En 1841, le général Aupick envoie son beau-fils à l’étranger, mais où ? – Aux Indes
  • Quels sont les autres métiers que Baudelaire a exercé en plus d’être poète ? (plusieurs réponses possibles) – Journaliste – Traducteur – Critique d’art
  • En quelle année meurt Baudelaire ? – 1867
  • Complétez la citation de Baudelaire : “Tu m’as donné … et j’en ai fait …” – ta boue / de l’or

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Retrouvez plus de questions sur l’œuvre ainsi que des commentaires et dissertations corrigées sur Les Fleurs du Mal dans l’application mobile PrepApp, à télécharger gratuitement sur Apple Store ou Google play. D’autres exercices sont également disponibles pour les élèves : des exercices sur Le Malade Imaginaire , des exercices sur les registres littéraires , des exercices sur les mouvements littéraires des exercices sur le roman , sur la poésie ou encore sur le théâtre . Les élèves pourront aussi profiter de conseils pour l’oral du bac de français . D’autres types d’exercices qui sont plus proches de la culture générale sur les thèmes comme les exercices et corrigés sur l’ histoire de la poésie peuvent également vous aider.

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